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mardi 24 janvier 2017

Retour des faucons pèlerins à l'église St-Jean-Baptiste

Comme l'an dernier à pareille date, 2 faucons pèlerins fréquentent l'église Saint-Jean-Baptiste, située à l'intersection des rues Drolet et Rachel, à Montréal. Il s'agit probablement d'Eve et d'Éole, qui avaient été identifiés à cet endroit à l'hiver 2016 par Richard Dupuis.

Faucons pèlerins mâle et femelle à l'église St-Jean-Baptiste, 22/01/2017


Les faucons pèlerins de l'église St-Jean-Baptiste, 23/01/2017

 

Observations passées

D'après un message publié sur la liste d'envoi ornithologique ornitho-qc le 1er avril 2016, la présence de 2 faucons pèlerins à cette église avait été signalée à l'UQROP à l'hiver 2016. L'UQROP avait transmis l'information à Richard Dupuis qui a identifié les faucons comme étant le couple qui avait niché à l'église St-Marc en 2015, c'est-à-dire Eve (la femelle) et Éole (le mâle, né à l'Université de Montréal en 2011). D'après eBird, Richard Dupuis y a observé les faucons les 16, 17, 23 et 29 février, ainsi que le 3 mars, en matinée ou en début d'après-midi.

Après l'annonce par Richard Dupuis de ce nouveau site, j'ai observé à mon tour la présence d'un faucon pèlerin en fin de journée, qui suggérait que l'église était utilisée comme dortoir. Le 5 avril en fin de journée j'ai pu y voir 2 faucons pèlerins mais je n'ai pas réussi à voir si l'un d'eux était bagué (si c'était Éole, sa visite aurait suivi d'environ 1 heure la ponte du 3ième œuf par Spirit, sa femelle de l'Université de Montréal).
La fin de l'utilisation de l'église St-Jean-Baptiste comme dortoir semble avoir coïncidé avec le début de la nidification à l'Incinérateur des Carrières (faucon présent le 4 mai mais pas les 5 et 6 mai), ce qui appuie l'hypothèse que le faucon était Eve.

J'ai ensuite revu un faucon à cet endroit le 17 septembre par une fin d'après-midi pluvieuse, puis le 30 septembre, ainsi que les 1, 2, 5 et 9 octobre. En revanche aucun faucon n'était visible les 13, 19 et 23 octobre: ce qui suggérait que le faucon est allé dormir ailleurs. Ma dernière visite le 8 décembre ne m'a pas permis non plus de voir de faucon.

Le faucon pèlerin mâle de cet hiver est-il Éole?

Pour répondre à cette question hors de tout doute, il faut être capable de lire l'inscription sur sa bague de la patte gauche. En effet, en 2015 Eve a fréquenté pendant quelques jours un autre faucon pèlerin né à l'Université de Montréal, David. Or les inscriptions sur les bagues de ces 2 faucons sont pratiquement identiques: E89 et E83. Le défi est donc de distinguer à distance un 3 d'un 9 sur la patte d'un faucon qui le plus souvent n'est pas coopératif!

L'identification formelle du faucon pèlerin mâle reste donc à faire. Avis à ceux/celles qui possèdent un bon appareil photo et une dose de patience!

Mâle bagué à l'église St-Jean-Baptiste, 22/01/2017

Depuis l'automne dernier, Éole est régulièrement vu à l'Université de Montréal. Voici une photo d'une de ses dernières visites là-bas le 20 janvier à midi 33.
Éole à l'Université de Montréal, 20 janvier 2017 (crédit: Eve Belisle, http://www.ornithologie.ca/faucons/)


Détails des observations

La plupart de mes observations des 2 faucons ont été faites proche du coucher du soleil, mais lors de mon unique visite matinale le mâle est venu visiter la femelle à l'aube, avant le lever du soleil. En journée il m'est arrivé à quelques reprises de voir la femelle seule mais à une reprise j'ai vu arriver les 2 faucons ensemble un peu avant 15h.

Concernant les directions de déplacement, la femelle est partie plusieurs fois dans la direction du Parc Lafontaine lorsque je la voyais de jour. Le mâle se déplaçait le plus souvent vers le sud.


Observations du 15 janvier

Tout a commencé par une visite de routine en matinée, lors de laquelle j'ai eu la surprise de voir un faucon pèlerin non bagué sur l'église.


Elle a quitté peu avant midi en direction du parc Lafontaine. Après son départ,  j'ai compté pas moins de 5 restants de proie au sol (comme il y avait eu un important redoux quelques jours avant, certains restants de proie pouvaient dater de plusieurs semaines et avoir été conservé par la neige avant que celle-ci fonde).

Restant de proie, 15/01/2017

Un autre restant de proie, 15/01/2017

À mon retour à 16h20 la femelle était de nouveau présente. Le mâle est arrivé 3 minutes plus tard. La femelle a semblé le snober en rejoignant son perchoir de nuit bien avant le coucher du soleil.

Observations du 16 janvier

Le mâle est arrivé le premier à 16h30 et a appelé la femelle par de puissants tsioups. Celle-ci est arrivée à 16h39 de la direction du Parc Lafontaine et a immédiatement rejoint son perchoir de nuit. Le mâle était toujours à la base du toit à 17h10, soit plus de 30 minutes après le coucher du soleil.

Observations du 17 janvier

À mon arrivée à 16h14 un faucon mangeait à la base du toit. À 16h22 il rejoint un 2ième faucon dans la partie gauche de l'église. Le mâle a quitté au coucher du soleil alors que la femelle se plaçait pour la nuit.

Observations du 18 janvier

Ressemble beaucoup à la veille mais le mâle est resté un peu plus longtemps, jusqu'à 16h55.

Observations du 20 janvier

Mon unique observation matinale. À 7h05 la femelle est perchée sur la façade de l'église, du côté droit. À 7h15 le mâle arrive en criant. Les 2 faucons quittent à 7h36 en direction approximativement de l'Incinérateur des Carrières. Une visite à cet endroit à 8h20 ne donne rien, mais un peu plus loin, depuis le métro Rosemont, j'observe pendant 1 heure, de 8h45 à  9h45, un faucon pèlerin perché sur le toit d'un immeuble de la rue de Gaspé.

Observations du 21 janvier

Une courte visite à partir de 11h me permet de constater que la femelle est présente à l'église St-Jean-Baptiste.

À 16h08 les 2 faucons sont présents, un sur la façade, l'autre sur une des croix. Le mâle a quitté vers 16h15.

Observations du 22 janvier

Aucun faucon n'est présent lors de mon passage à 10h45.

À 16h15 les 2 faucons sont perchés côte-à-côte du coté gauche de l'église (voir photo en début d'article). Le mâle a quitté à 16h54.

Les faucons pèlerins de l'église St-Jean-Baptiste, 22/01/2017

Observations du 23 janvier

J'ai précédé de quelques minutes l'arrivée des 2 faucons à 14h51. Un seul des 2 faucons s'est posé sur l'église dans un premier temps. Un faucon a mangé sous le toit entre 14h51 et 15h, puis le mâle a plumé une proie sur une corniche de l'église entre 15h et 15h20 sous les yeux de la femelle mais celle-ci n'a pas cherché à manger. Peu avant 16h un faucon - possiblement le mâle - a attrapé un pigeon à la hauteur de la rue St-Denis. Il a promené le pigeon pendant plusieurs minutes dans toutes les directions, poursuivi en partie par l'autre faucon. Finalement un des faucons a ramené la proie à la base du toit et s'est mis à manger. L'autre faucon a disparu. Je n'exclus pas la possibilité que c'est le mâle qui a attrapé la proie et qu'il y a eu transfert de la proie à la femelle en vol pendant une des nombreuses occasions où je les ai perdus de vue derrière des immeubles. Voir la vidéo au début de l'article pour quelques séquences filmées durant cette observation.




vendredi 9 décembre 2016

Les faucons pèlerins de l'Échangeur Turcot expropriés

C'était attendu. C'était dans le cours normal des choses compte tenu de l'avancée du chantier du nouvel Échangeur Turcot. Mais cela m'a fait un coup quand même: la demeure des faucons pèlerins a été barricadée, en attendant sa démolition pure et simple dans les prochains mois/années (une petite pensée en passant pour les hommes et les femmes qui ont été expropriés dans ce projet).

Cela s'est passé entre ma dernière visite le 9 octobre et ce 6 décembre. La corniche que les faucons pèlerins Algo et Polly utilisaient depuis 2012 pour nicher (avec l'exception de 2015) a été obstruée - de même que tous les autres endroits similaires qu'ils pourraient utiliser - de façon à inciter les faucons à se trouver un endroit plus tranquille pour élever leur progéniture.

Corniche du nid obstruée avec un matériau noir - 6 décembre 2016

À l'automne 2015 déjà, plusieurs corniches avaient été obstruées - incluant celle que les faucons avaient utilisée au printemps 2015 pour nicher (c'était la seule année où les faucons avaient niché du côté de la rue Saint-Patrick).  Les faucons avaient néanmoins été autorisés à revenir nicher à leur endroit habituel en 2016, ce dont ils ne s'étaient pas privés. Malheureusement cette dernière nidification semble avoir été un échec, avec 2 des 3 fauconneaux décédés et peu d'espoir pour le 3ième qui a disparu trop tôt pour survivre seul.

Algo et Polly disposent maintenant d'un peu plus de 3 mois pour trouver un nouvel endroit pour nicher, et je n'ai aucun doute qu'ils réussiront. Il est même possible que les faucons ont identifié des sites alternatifs depuis des mois, voire des années. Les faucons pèlerins disposent en effet de beaucoup de temps pour parfaire leur connaissance de leur territoire et repérer des endroits intéressants. Cette aptitude des faucons à se trouver un site de remplacement a été illustrée récemment par 2 couples de faucons pèlerins:
  • En 2012, les faucons pèlerins de l'Université de Montréal (qui se trouvent être les parents d'Algo et Polly) ont niché à l'Oratoire Saint-Joseph alors que la tour de l'Université de Montréal où est situé leur nichoir était en chantier. Cette tentative de nidification n'a malheureusement pas abouti, possiblement parce que l'endroit choisi était exposé aux intempéries (absence de toit).
  • En 2015 les faucons pèlerins de l'Incinérateur des Carrières se sont installés in extremis à l'église Saint-Marc située à 1.6km de l'incinérateur, après avoir donné toutes les indications qu'ils tenteraient pour une 2ième année de suite de nicher à l'Incinérateur. Cette nidification avait été une réussite remarquable avec 4 fauconneaux à l'envol, surtout si l'on considère que c'était la première fois que ce couple menait une nidification à terme. On ignore quand et comment ils ont trouvé cette corniche de cette église mais on peut penser qu'un des faucons avait identifié cet endroit depuis un moment.

Nostalgie

Une page se tourne donc pour Algo et Polly, mais c'est probablement pour l'observateur (moi) que c'est le plus difficile...

Berceau de ma passion pour les faucons pèlerins

Le site de l'Échangeur Turcot a en effet joué un rôle déterminant dans le développement de ma passion pour les faucons pèlerins, après la déception causée par l'échec de la tentative de nidification de Roger et Spirit à l'Oratoire Saint-Joseph. Comparé à l'Université de Montréal et à l'Oratoire Saint-Joseph, les faucons pèlerins de l'Échangeur Turcot évoluaient à une altitude particulièrement basse, ce qui permettait de les voir de près. C'est aussi cette année-là et à cet endroit que j'ai pu voir en vrai (et non sur l'écran de mon ordinateur via une webcam) mon premier fauconneau, malheureusement décédé quelques jours plus tard.

Des rencontres avec des biologistes spécialistes des faucons pèlerins

Rien n'était simple avec des faucons pèlerins qui nichaient sur une structure vieillissante comme l'Échangeur Turcot. D'une part, comme le faucon pèlerin est une espèce protégée, la loi interdit de les déranger pendant la période de nidification (quelques exceptions existent). D'autre part l'Échangeur Turcot devait faire régulièrement l'objet de travaux d'entretien et de réparation - parfois de façon urgente. Pour concilier ces 2 impératifs souvent contradictoires, des biologistes ont été engagés par le ministère des Transports avec comme mission de s'assurer que les travaux ne dérangeaient pas les faucons, ou quand ce n'était pas possible, de minimiser le dérangement occasionné aux faucons. Les biologistes devaient aussi veiller à la sécurité des travailleurs puisque les faucons pèlerins peuvent attaquer quiconque s'approche trop près de leur nid.

Des biologistes étaient donc régulièrement présentes sur le site (c'était presque exclusivement des jeunes femmes), ce qui a donné lieu à des discussions à la fois très agréables et très intéressantes pour un amateur comme moi. Je salue donc ici les biologistes de Services Environnementaux Faucon et je les remercie pour le temps qu'elles ont consacré à répondre à mes questions et à échanger les dernières nouvelles sur notre famille ailée. Ces moments vont assurément me manquer en 2017.  

Un site très intéressant

Le site de l'Échangeur Turcot était idéal pour observer les faucons pèlerins. Ils ne nichaient pas haut, comme par exemple à la Tour de la Bourse ou à l'Université de Montréal, ce qui permettait de facilement les observer. Et puisque les faucons étaient habitués à voir de près des humains, ils étaient relativement peu farouches et se tenaient souvent sur les poteaux d'électricité qui longent le canal. Parfois on pouvait même assister au bain d'un des faucons dans le canal. Le site lui-même était très agréable au printemps et à l'été, avec le bleu du canal et le vert des berges. Et finalement on avait une vue dégagée dans plusieurs directions.


Quelques souvenirs

De mes nombreux souvenirs, je n'en évoquerai que 2 ici.

8 juillet 2012: un faucon attaque une proie volant au ras du sol à 2 mètres de moi

Le 8 juillet 2012 je filmais un faucon pèlerin perché sur  un panneau publicitaire géant, en espérant qu'il décollerait.  Ce qu'il fit. J'avais un œil collé au viseur pour garder le faucon dans le champ de la caméra et l'autre œil probablement fermé. Le faucon ne cessait de grandir dans le viseur, à tel point que je me suis demandé si par hasard ce n'était pas moi qu'il attaquait! Le faucon visait en fait un merle à 2 mètres de moi. J'ai probablement distrait le faucon en décollant brusquement mon œil du viseur pour voir directement ce qui se passait, ce qui fait qu'il n'a pas osé passer entre les 2 barres horizontales du garde-fou et a donc raté sa proie. Je n'ai plus jamais assisté à une attaque sur une cible aussi proche de moi depuis.



Juin 2014: les aventures de Samantha sur le bord de la piste cyclable

Le 17 juin 2014 je suis arrivé tôt à l'Échangeur Turcot. On était dans la période où Samantha, une jeune fauconneau femelle, pouvait faire son premier vol. Je marchais sur la rue Côte-Saint-Paul en regardant vers le nid lorsqu'une signaleuse de chantier m'a demandé de passer sur le trottoir opposé. Je pensais que sa demande était liée aux travaux jusqu'à ce que je la vois: Samantha avait fait son premier vol et se trouvait sur le trottoir!  C'était la première fois qu'Algo et Polly arrivaient à amener un fauconneau jusqu'au stade de l'envol, et surtout c'était ma première rencontre rapprochée avec un fauconneau. Cette journée mémorable est racontée dans cet article.

Samantha avait été placée en sécurité en hauteur par les biologistes pour la nuit. Le lendemain matin j'y suis retourné. Samantha n'était plus sur le pilier, elle était au sol, au pied de celui-ci... Le problème c'est qu'il y avait des joggeurs qui passaient sur la piste cyclable, certains avec leur chien non tenu en laisse... Je me suis donc transformé en gardien de fauconneau. Stressant sur le moment, délicieux souvenirs par après.
Voici une vidéo montrant quelques uns de ces moments:

L'article au complet se trouve ici.

samedi 3 décembre 2016

Un couple de faucon pèlerin s'installe sous le Pont Viau

Depuis le 19 novembre je soupçonnais qu'il se passait quelque chose en lien avec des faucons pèlerins au Pont Viau mais ce n'est que le 1er décembre que j'ai enfin eu confirmation qu'un couple de faucon pèlerin s'y était installé.


Le faucon pèlerin est une espèce protégée (statut d'espèce vulnérable au Québec et d'espèce préoccupante au Canada). Encore relativement rare à Montréal (une quinzaine de nids connus sur l'ile de Montréal), sa population est en croissance constante depuis quelques années. Plusieurs des ponts de la région de Montréal ont abrité un nid en 2016, incluant le Pont Champlain et l'Échangeur Turcot.

Cette article relate avant tout cette découverte mais fait aussi état d'un certain nombre d'observations récentes d'un individu isolé dans ce secteur et discute le lien possible avec les faucons pèlerins de l'Ile de la Visitation. L'article se termine avec une courte discussion  de plusieurs questions posées par cette présence, en particulier sur son caractère temporaire (hivernage) ou permanent.


Découverte de la présence des faucons pèlerins

19 novembre: un faucon pèlerin sur un lampadaire du pont

Le 19 novembre il me restait un peu de temps libre avant le coucher du soleil et il faisait beau: j'ai donc décider d'aller sur la rive Lavalloise de la Rivière des Prairies vérifier si les canards branchus étaient toujours présents dans un bras mort de la rivière. Je n'y suis jamais allé: sur le pont Viau, sur un lampadaire, trônait un faucon pèlerin adulte!


Comme c'était sans doute le faucon pèlerin que j'avais activement cherché à revoir cet été (voir dans la  section "Observations récentes"), j'ai décidé de rester avec lui, curieux de voir dans quelle direction se trouvait son dortoir.

Quelques minutes avant le coucher du soleil, j'ai remarqué un groupe de bernaches qui s'en venait vers le pont, en volant à basse altitude, avec une trajectoire qui les amènerait à passer approximativement à la verticale du faucon pèlerin. J'ai évidemment filmé la scène: ce n'est pas tous les jours qu'on peut avoir des bernaches et un faucon pèlerin sur la même vidéo au même moment!


Le faucon n'était pas pressé de partir:

C'est finalement à 16h27 qu'il s'est envolé, vers l'Ouest comme je l'avais anticipé. Mais à ma grande surprise il est descendu au ras de l'eau (alors qu'il n'y avait pas de proie en vue), a fait demi-tour et a disparu sous le pont. Comme j'étais du côté Ouest du pont, je n'ai pas pu voir s'il était ressorti de l'autre côté mais j'en avais assez vu pour décider de revenir les prochains jours tenter de confirmer qu'il dormait sous le pont.

22 novembre: cris et silhouettes, 2 faucons pèlerins?!

Ce n'est que le 22 novembre que j'ai pu retourner sur les lieux pour tenter de confirmer qu'un faucon pèlerin utilisait bien le pont Viau comme dortoir. Quand je suis arrivé, aucun faucon n'était visible sur les lampadaires et le soleil s'est couché sans qu'il ne se passe rien. Évidemment le faucon pouvait rejoindre un perchoir sous le pont sans passer par la case "lampadaire" mais dans ce cas les chances que je l’aperçoive étaient presque nulles. Je m’apprêtais donc à rentrer chez moi sur un échec lorsque j'ai entendu des cris qui ressemblaient étrangement à ceux du faucon pèlerin! Quelques instants après, 2 silhouettes sont passées devant moi au ras de l'eau avant de s'évanouir dans les ombres du pont. La poursuite de leur discussion pendant quelques instants suggérait qu'ils étaient quelque part sous le pont. Quelques minutes plus tard j'ai eu l'occasion de revoir les 2 silhouettes en vol et même de les filmer. Attention, ils ne sont pas faciles à distinguer!


23, 24, 27, 29 et 30(matin) novembre: aucun signe de faucon pèlerin

Les 23 et 24 novembre je suis revenu bredouille de mes surveillances de fin d'après-midi. Le 22 c'était les cris des faucons qui m'avaient permis de les repérer. Comme je l'ai déjà indiqué plus haut, si les faucons restaient discrets, les chances étaient minimes de les voir: pour apercevoir un oiseau qui vole au ras de l'eau alors qu'il y a des vagues, qu'il fait gris et que la nuit tombe, il faut vraiment regarder attentivement au bon endroit et au bon moment!  Ma stratégie était donc de multiplier mes moments de présence sur place de façon à augmenter les chances que les faucons finissent par trahir à nouveau leur présence.

Dans cet esprit, j'ai commencé à faire également des visites de jour, près du pont mais aussi dans les environs, comme par exemple au Parc Nicolas-Riel où un faucon pèlerin avait été vu perché cet été (voir plus bas). Le 29 novembre, j'ai également tenté une observation à l'aube mais sans succès.

Parallèlement, le 28 novembre un faucon pèlerin aurait été vu à midi près du pont selon ce rapport eBird, malheureusement sans plus de détail. D'après la durée de l'observation (10mn) et le nom du site (le parc à côté du pont, et non le pont lui-même), on pouvait s'aventurer à penser que l'oiseau était perché et qu'il était perché dans un arbre. Or le 30 novembre vers 9h10, j'observais un oiseau de proie perché dans un arbre, exactement à l'endroit indiqué (la partie de ce parc du côté Ouest du pont est très petite), mais il s'agissait d'un épervier:
    
Épervier au parc Jeanne-Sauvé, à l'ouest du pont Viau - 30 novembre 2016

Erreur d'identification? Pas nécessairement puisque le lendemain 1er décembre j'observais moi-même un faucon pèlerin en train de chasser dans ce parc. Ce qui est certain, c'est qu'avec 2 faucons pèlerins et un épervier (au minimum), les pigeons du secteur ne sont vraiment pas gâtés!

Pigeons sur le pont Viau - 30 novembre 2016


30 novembre (après-midi): cris au coucher du soleil

Le 30 novembre vers 16h15 j'ai enfin ré-entendu des cris de faucon pèlerin mais je n'ai pas réussi à les apercevoir. N'empêche que cette observation était importante puisqu'elle montrait qu'il y avait toujours au moins un faucon pèlerin qui fréquentait les lieux (après plus d'une semaine sans signe de présence) et suggérait fortement (dans la mesure où ce genre de cris implique généralement la présence d'un 2ième individu) que la visite du 2ième faucon le 22 novembre n'était pas un évènement isolé.

1er décembre: les 2 faucons observés pendant presque une journée entière

Lorsque je suis arrivé à 9h45 les pigeons volaient en formation très serrée et rapide. Il m'a semblé en outre apercevoir un oiseau qui n'était pas un pigeon. Effectivement, quelques instants plus tard, un faucon pèlerin passait à basse altitude près de moi, possiblement dans l'espoir de capturer un pigeon qui aurait tenté de s'abriter dans l'entrée du pont, côté Montréal.

Mieux encore, quelques minutes plus tard des cris de faucon pèlerin se sont faits entendre, venant du pont. Cette fois il faisait jour et j'étais bien décidé à découvrir où ils se perchaient! Mais j'ai du attendre que l'un d'eux s'envole puis revienne vers le pont pour voir pour la première fois un faucon pèlerin perché sous le pont. Le faucon était perché du côté Est, plus proche de Laval que de Montréal. J'ai donc traversé le pont et je me suis installé au belvédère de la berge Délia-Tétreault, dont le toit était très pratique pour me protéger de la pluie/bruine qui tombait par intermittence ce jour-là.

Un 2ième faucon s'est posé à côté du premier vers 10h06 (il s'agit de la première séquence de la vidéo qui se trouve au début de cet article). Le fait qu'ils soient restés ensemble ainsi côte-à-côte pendant de longues minutes sans s’agresser (verbalement ou physiquement) plaide pour un couple. Le faucon arrivant était beaucoup plus actif que l'autre, qui a passé la plus grande partie de son temps perché sous le pont.

J'ai pu observer plusieurs déplacements en direction de l'Ile de la Visitation du faucon actif. Le faucon inactif s'est aussi une fois envolé dans cette direction, après une série de vocalisations (cette séquence est également montrée dans la vidéo mais j'ai réduit le temps entre les vocalisations et le départ du faucon en coupant une partie de la séquence). Il est cependant revenu très vite. Le faucon actif a aussi volé perpendiculairement à la rivière vers l'intérieur des terres de Laval. Finalement, lorsque je suis revenu en début d'après-midi, j'ai pu voir les 2 faucons chasser ensemble près de l'entrée du pont, côté Montréal.


Observations récentes

Je continue cet article en rapportant quelques observations récentes de faucon pèlerin dans ce secteur, qui pourraient possiblement jeter de la lumière sur l'origine de ce couple. Je vais commencer par des observations faites à l'Ile de la Visitation puisqu'elles sont à la fois les plus récentes et les seules à impliquer un couple de faucon pèlerin. Je relaterai ensuite une série d'observations faites à l'Ouest du pont d'un individu isolé. Je terminerai en mentionnant brièvement quelques observations moins récentes.

Les observations de l'Ile-de-la-Visitation

L'Ile de la Visitation est située à l'Est du pont Viau, à environ 2km. La centrale hydro-électrique où se font la plupart des observations de faucon pèlerin est à 3km du pont Viau.

Le 1er novembre 2016, Evelyne Samson a observé un couple de faucons pèlerins perchés dans le même arbre et qui chassaient par moments les canards et les goélands (source: rapport eBird). Environ 1 mois plus tôt, le 5 octobre 2016, Joël Coutu observait 2 faucons  pèlerins perchés sur le belvédère de la centrale hydro-électrique (source: rapport eBird). Plusieurs photos montrent d'ailleurs 2 faucons pèlerins perchés sur cette centrale, comme par exemple celles prises par Pierre André il y a approximativement 1 an et celles prises par Joël Coutu le 3 janvier 2016. À noter aussi les photos prises le 20 septembre 2016 par Joanne Masson d'un faucon pèlerin sur les rochers en face de la centrale.

Je me limiterai à ces observations afin de ne pas trop alourdir cet article mais il faut savoir qu'elles ne représentent qu'une faible fraction des observations faites à cet endroit en 2016.


Les observations à l'Ouest du pont (individu isolé)

 

18 mai 2016, immeuble en construction "Condominium O'Cartier"

Mon premier contact avec possiblement un des 2 faucons pèlerins du pont Viau remonte à la fin de la journée du 18 mai 2016. Alors que je me dirigeais vers un des endroits qui m'avait été assigné pour l'inventaire des bâtiments religieux utilisés par le martinet ramoneur, j'ai remarqué un faucon pèlerin voler autour du condominium en construction O'Cartier puis s'y poser. Cet édifice est situé près de l'entrée du pont Viau, à Laval. Le faucon pèlerin n'était pas bagué. Après une dizaine de minutes il s'est envolé vers Montréal, approximativement dans la direction de la prison de Bordeaux. Voici mon rapport eBird.




18 août 2016, parc Nicolas-Viel

Le parc Nicolas-Viel est situé à environ 700 mètres du pont Viau. Dans l'après-midi du 18 août 2016 Catherine Douesnard remarque un faucon pèlerin perché dans un gros peuplier. Elle envoie alors un courriel sur la liste ornitho-qc pour signaler la présence de ce faucon. Comme je n'habite pas très loin, je m'empresse d'y aller. J'y retrouve Catherine Douesnard qui m'indique l'arbre mais le faucon, lui, avait déjà filé... Elle a cependant eu le temps de prendre de superbes photos, incluant la photo ci-dessous (un gros merci à elle pour la permission de reproduire cette photo ici). Ses photos ainsi qu'une courte vidéo sont visibles dans son album Google.

Crédit photo: Catherine Douesnard

13 et 15 septembre: pylône électrique près de la gare de Bois de Boulogne

Dans le cadre de tentatives pour retrouver celui que j'appelais désormais "le faucon pèlerin d'Ahuntsic" (je considérais que ceux de l'Ile de la Visitation venaient de Laval), j'ai fini par en localiser un le 13 septembre sur un pylône électrique en face de la gare Bois de Boulogne (rapport eBird). Cet endroit est situé à 1.86km à  vol d'oiseau du pont Viau. Lorsque le faucon est finalement parti, il a longé la voie ferrée en direction de la rivière des Prairies.

Or, dans cette direction mais cette fois-ci du côté de Laval, un faucon a été observé 2 jours plus tard le 15 septembre, approximativement à la même heure.  Voici le rapport eBird.


Quelques observations moins récentes

La seule mention que j'ai trouvée sur eBird d'un faucon sur le pont Viau est celle de Georges Lachaine en février 2009. Plus récemment, le 13 janvier 2013, lui et une autre personne ont également observé et photographié un faucon pèlerin sur le clocher d'une église, possiblement l'église Saint-Christophe située à un peu plus de 500 mètres du pont (rapport eBird). De décembre 2013 à février 2014 j'ai pu moi-même observé un faucon pèlerin sur différents clochers du quartier Ahuntsic, dont la cathédrale Saint-Maron située à 660 mètres du pont.


Conclusion

Cette observation de 2 faucons pèlerins sous le pont Viau soulève de nombreuses questions:
  • Que font-ils là ?   À ma connaissance, 2 faucons pèlerins adultes ne se mettent ensemble que pour une seule chose: faire des bébés! Mais cela ne veut pas dire qu'il y aura automatiquement une nidification sous le pont Viau au printemps. Ces faucons pourraient en effet nicher ailleurs (par exemple à la Carrière Lagacé qui est située à 5km du Pont Viau et où l'on sait qu'il y a un nid) et passer l'hiver dans un environnement plus confortable (incidemment le dessous du pont Viau est éclairé la nuit, ce qui suppose une source de chaleur...) ou mieux pourvu en proies. C'est ce qu'on appelle de l'hivernage. Un exemple d'hivernage a été observé récemment à l'hôpital Louis-H. Lafontaine. À mon avis cependant, si la présence des faucons sous le pont Viau persiste dans les prochaines semaines, ces faucons ne sont pas ceux de la Carrière Lagacé: cette carrière est en effet située derrière le palais de justice de Laval et à proximité de centres commerciaux, et doit donc certainement posséder une bonne population de pigeons. S'éloigner de 5kms ferait courir aux faucons le risque de voir s'installer un autre couple sur leur territoire à une époque où la compétition pour les sites de nidification n'a jamais été aussi forte. D'après ce raisonnement, si les faucons du pont Viau ne nichent pas sous le pont au printemps prochain, ils ne devraient donc pas nicher très loin.
  • Viennent-ils de s'installer sous ce pont ou sont-ils là depuis plusieurs années? J'ai du mal à croire qu'une nidification sous ce pont soit passée inaperçue ou n'ait pas été rapportée mais ce n'est pas totalement à exclure. Un hivernage en revanche pourrait plus facilement passer inaperçu. Il est possible que cet article ou d'autres mentions de cette présence provoquent des témoignages, qui pourraient jeter de la lumière sur cette question.
  • Qui sont ces faucons? Jusqu'à il y a 2 semaines, j'étais convaincu que l'individu observé à l'ouest du pont Viau n'était pas le même que ceux observés au parc de l'Ile de la Visitation, tout simplement parce qu'il était toujours observé seul. Évidemment cet argument ne tient plus... Les déplacements que j'ai observé vers l'Ile de la Visitation d'un faucon du pont Viau pourraient être un argument en faveur d'un seul et même couple. D'un autre côté, s'il y avait 2 couples, il devrait y avoir entre eux des tensions au sujet du territoire et dans ce cas on pourrait imaginer que des rencontres (ou des escarmouches) entre des  individus des 2 couples aient lieu quelque part entre les 2 sites. Dans ce scénario on devrait donc observer également des déplacements des faucons du pont Viau vers l'Ile de la Visitation. De futures observations pourraient permettre de trancher cette question.
  • Qui sont ces faucons? (bis). Mes photos du faucon perché sur le lampadaire ne montrent pas de bague mais qu'en est-il de l'autre? 

Cette histoire est indéniablement à suivre. Mentionnons pour terminer que la période des amours chez les faucons pèlerins commence fin février- début mars et que les accouplements se font généralement près du site choisi pour nidifier. Alors si vous voyez des accouplements sur le pont ou près du pont, faites-le moi vite savoir!





vendredi 18 novembre 2016

Des nouvelles des faucons pèlerins de la Tour de la Bourse

Cela fait un moment que je n'ai pas parlé des faucons pèlerins de la Tour de la Bourse. C'est pourtant ce couple qui a été le plus productif cette année parmi les faucons pèlerins que je surveillais avec 4 fauconneaux (contre 3 à l'Échangeur Turcot et au Pont Champlain, 2 à l'Incinérateur des Carrières et 0 à l'Université de Montréal).  Cet après-midi le couple était toujours présent sur la Tour de la bourse et sur le toit d'édifices avoisinants. Il est probable que ces faucons étaient les 2 individus observés au-dessus du Vieux-Port par Samuel Denault le 25 octobre. Ces faucons sont probablement reliés aussi à l'observation d'un faucon pèlerin sur un lampadaire du boulevard Robert-Bourassa le 29 octobre par 3 autres personnes.

Observations du 18 novembre

Quand je suis arrivé en face de la Tour de la Bourse à 14h50, un faucon pèlerin était perché à un de ses endroits favoris, sur une barre brisée (si quelqu'un connait le terme architectural exact, je serais heureux de le connaitre!) de l'étage technique où se trouve le nid. Quelques minutes plus tard, quelque chose de blanc s'est déplacée rapidement dans le tiers gauche. Heureusement la chose s'est arrêtée au coin, ce qui m'a permis de la photographier et de constater que c'était le 2ième faucon pèlerin.

Les 2 faucons pèlerins sur la Tour de la Bourse à 15h03
Le faucon pèlerin qui était sur la barre brisée a plongé vers le Square-Victoria à 15h13.  Je ne l'ai pas vu revenir et en me rendant sur place je n'ai pas réussi à le retrouver. Je suis revenu à mon point d'observation initial qui me permettait de surveiller le faucon qui était au coin.

Ce faucon a quitté vers 15h32 en direction de l'édifice de la Banque Royale, situé au 360 rue Saint-Jacques.  En marchant dans cette direction, j'ai effectivement localisé un faucon pèlerin sur le sommet de cet édifice:


Tandis qu'un autre faucon pèlerin était perché sur le toit du 500 Place d'Armes au coin des rues Notre-Dame Ouest et Saint-François Xavier:


J'ai choisi de surveiller ce dernier. Il s'est envolé peu avant 16h en direction approximativement de la Tour de la Bourse. Un passereau était en vol à ce moment dans cette direction mais il était trop loin pour constituer une cible réaliste. À moins que l'autre faucon était impliqué dans la chasse. Et de fait, ce faucon n'était plus sur l'édifice de la Banque Royale.

Je suis revenu sur mes pas pour tenter de les revoir sur la Tour de la Bourse mais sans succès. J'ai ensuite revu un des faucons à 16h20 alors qu'il traversait en vol la rue McGill en direction du bassin Alexandra du Vieux-Port de Montréal.


Autres observations

Samuel Denault, un ornithologue de profession, a observé 2 faucons pèlerins au-dessus du Quai Jacques-Cartier le matin du 25 octobre. J'ai souvent vu ces faucons survoler l'eau au-dessus du bassin Alexandra, un petit peu plus au sud. Les faucons pèlerins observés par Samuel Denault pourraient donc être ceux de la Tour de la Bourse.

Le 29 octobre en début d'après-midi, 3 personnes ont observé un faucon pèlerin adulte perché sur un lampadaire du boulevard Robert-Bourassa, approximativement à la hauteur de la rue Notre-Dame. Là encore il s'agit certainement d'un faucon pèlerin de la Tour de la Bourse. À noter que ces personnes ont été particulièrement chanceuses puisque je n'ai jamais vu un faucon pèlerin adulte se percher si bas dans ce secteur.

Si je remonte plus loin dans le temps, le 19 novembre 2014 j'avais pu observer un faucon pèlerin attaquer un épervier depuis le toit du 500 Place d'Armes.



 

samedi 5 novembre 2016

Une colombe pour souper chez les faucons pèlerins de l'Université de Montréal

Même quand on passe beaucoup de temps à observer les faucons pèlerins, c'est plutôt rare d'avoir la chance d'observer une chasse victorieuse. Et encore, dans l'histoire que je vais raconter ici, je n'ai pas assisté à la capture proprement dite!

La chasse

Peu après 17h ce samedi 5 novembre 2016, un oiseau de la taille d'un pigeon et venant du cimetière se dirige vers la Tour de l'Université de Montréal, avec apparemment comme intention de se poser tout en haut. Logiquement, c'est un faucon pèlerin; je ne me souviens pas avoir jamais vu un pigeon si haut sur la tour. L'ennui, c'est qu'il volait comme un pigeon... Mes doutes ont très vite disparu quand un faucon pèlerin est apparu derrière lui. J'étais alors près du pavillon J.-Armand Bombardier de l'École Polytechnique de Montréal. Le pigeon m'avait semblé se poser au sommet de la tour mais en réalité il a probablement continué de l'autre côté. Le faucon pèlerin a contourné la tour par la droite,  pour disparaitre de mon champ de vision. Un 2ième faucon pèlerin a suivi le premier, excepté qu'il a plongé vers le sol au moment où il contournait la tour.

Quelques instants plus tard les 2 faucons sont réapparus. Un faucon est allé se poser au sommet de l'aile pyramidale du pavillon Roger-Gaudry, pendant que l'autre se rendait au nichoir. Seul le premier pouvait éventuellement avoir une proie, et j'attendais qu'il commence à la plumer pour en avoir confirmation.

Mais quelques minutes plus tard, ce faucon a lancé une attaque vers le sol à l'avant de l'université, donc hors de ma vue. Le faucon du nichoir s'est également précipité dans cette direction. J'ai alors réalisé que le pigeon avait réussi à échapper à la première attaque et que les faucons attendaient patiemment qu'il sorte de sa cachette. Les 2 faucons ne sont plus réapparus.

Le repas

Je suis donc allé à l'avant de l'université pour tenter de confirmer que cette fois-ci ils avaient capturé leur proie. J'ai rapidement repéré un faucon qui vocalisait. Il était perché sur le toit d'un immeuble, à une hauteur relativement basse pour ces faucons pèlerins:

Il semblait attendre son tour pour manger tout en montant la garde, alors j'ai cherché l'autre faucon. J'ai mis du temps à le trouver puisque je ne le cherchais pas si bas: il était au premier étage!


Quelques personnes sont passées devant le faucon sans que cela ne semble le déranger. Probablement parce que ces personnes ne prêtaient aucune attention au faucon: ils ne l'avaient pas vus! En revanche, le faucon a très vite compris que je l'avais repéré... Et cela même si j'étais plus loin que les autres passants et que je m'étais accroupi pour paraitre plus petit. Après quelques secondes d'hésitation, le faucon est parti avec sa proie continuer son repas sur le toit du 3200 Jean-Brillant. L'autre faucon l'a bien entendu suivi.



Il était 17h15 quand j'ai surpris les faucons à l'avant de l'université. Un des faucons s'est envolé à 17h42 du toit du 3200 Jean-Brillant avec les restes du repas, en direction des Résidences Universitaires. L'autre faucon l'a suivi. Malheureusement je n'ai pas réussi à retrouver les faucons, en partie à cause de la nuit qui tombait rapidement (coucher du soleil: 17h32).


Autres observations

Vers 15h40, comme aucun faucon n'était visible sur la tour de l'Université de Montréal, je me suis dirigé vers l'Oratoire Saint-Joseph. J'y ai repéré un faucon tout en haut, sur la croix. Il a disparu à 15h54 pendant que je m'approchais.

De retour à l'Université j'ai découvert un faucon tout en haut de l'antenne de la tour. C'est un perchoir qui est rarement utilisé, en tout cas selon mon expérience. Et les rares fois où je voyais un faucon à cet endroit, c'était souvent dans un contexte où un faucon intrus menaçait le territoire.J'étais donc curieux de voir ce qui allait se passer.

Le faucon s'est envolé à 16h17 vers l'École Polytechnique. Il semblait s'agir d'un déplacement, et non d'une chasse. Je me suis dit que c'était peut-être Éole qui rentrait chez lui.

À 16h32, je remarque un faucon pèlerin tout en haut de l'antenne, mais cette fois de l'École Polytechnique. J'ai pu observer plusieurs départs suivis d'un retour sur l'antenne. Cette fois il semblait s'agir de chasse.

À 16h42 il s'est envolé vers l'université, sans revenir cette fois-ci sur l'antenne. Quelques minutes plus tard, un faucon se rendait au nichoir et commençait à vocaliser. Un autre faucon est alors apparu en vol et s'est posé sur la colonne au-dessus du nichoir. Ce faucon s'est envolé à 16h50, celui du nichoir à 17h02, tous les deux vers le cimetière. Quelques minutes plus tard la colombe arrivait.

Conclusion

Ce n'est pas la première fois qu'une colombe aura servi de repas aux faucons pèlerins.  Ces oiseaux qui se retrouvent subitement dans un environnement qu'ils ne connaissent pas sont des proies faciles pour les oiseaux de proie.  Cette colombe a en plus eu la très mauvaise idée de se diriger tout droit vers le repère des faucons...

Les colombes peuvent être lâchées à l'occasion de baptême, de mariage, de funéraille, d'anniversaire ou d'autres occasions spéciales. Elles sont entrainées à retourner à leur colombier, et sont vaccinées et baguées (source; <a noter que rien n'indique que cette colombe provenait de cette compagnie spécifique).

J'ignore si quelqu'un a été témoin de la capture. Une chose est sure, je n'ai jamais vu ces faucons aussi proches du sol que cet après-midi


dimanche 16 octobre 2016

Un faucon pèlerin juvénile toujours présent au Pont Champlain fin septembre ?

Le 30 septembre je suis retourné voir les faucons pèlerins du Pont Champlain. La dernière fois que j'avais pu les observer, c'était le 30 juin: j'avais alors assisté, entre autres, à l'envol du dernier des 3 fauconneaux. Je n'avais en revanche rien vu le 16 juillet lors de ma dernière visite, et aucune observation n'avait été rapportée sur Ebird depuis. Je ne savais donc pas trop à quoi m'attendre quand j'y suis allé ce vendredi 30 septembre. 

Je suis arrivé sur la piste cyclable de la Voie Maritime à 14h32 après avoir traversé l'Estacade. Après avoir lunché je me suis mis plus activement à la recherche des faucons pèlerins. J'ai fini par en localiser un sur un pylône électrique de la Rive Sud. Une demi-heure plus tard, alors que je surveillais, j'entends des cris qui ressemblaient beaucoup à ceux d'un juvénile! En me retournant j'ai pu voir brièvement un faucon en vol avant qu'il ne disparaisse derrière un pilier. Dans les minutes qui ont suivi, 2 faucons pèlerins se sont montré très actifs, visitant notamment le nichoir. Malheureusement sur toutes mes photos où l'age du faucon a pu être déterminé, il s'agissait d'un adulte.  Cette présence possible d'un juvénile m'a incité à retourner à ce site dans les jours suivants, dans l'espoir de confirmer cette présence. Le 5 octobre j'ai pu photographier un faucon qui n'était de toute évidence pas un faucon pèlerin adulte; cependant il s'agissait apparemment d'un faucon émerillon. La question de la présence d'un juvénile reste donc ouverte. Cet article détaille les observations dont je viens brièvement de parler, mais aussi celles des 2 faucons pèlerins adultes qui sont encore très actifs.


 

30 septembre: des cris (de juvénile ?) suivis d'une forte activité près du nichoir

Comme indiqué plus haut, j'ai d'abord repéré à 14h53 un faucon pèlerin en haut d'un pylône électrique situé près de la berge, sur la Rive Sud.


À 16h08, j'entends des cris que je reconnais comme étant ceux d'un juvénile. En regardant dans la direction d'où venaient les cris, j’aperçois un faucon voler près du nichoir. Un rapide coup d’œil sur le pylône électrique me confirme que le faucon y est toujours. Mais pas pour longtemps puisque moins de 2 minutes plus tard je constate qu'il a disparu.

À 16h14 je remarque successivement un faucon pèlerin perché sur le pilier du nichoir [celui qui a été utilisé pour la nidification cette année; il y a plus que 1 nichoir sur ce pont] puis un autre sur le pilier suivant en direction Sud. Les 2 semblent être des adultes.

Faucon pèlerin sur le pilier du nid

Faucon pèlerin sur le pilier suivant en direction Sud
3 minutes plus tard, à 16h17, le second faucon s'envole et se rend au nichoir. Quelques instants plus tard l'autre faucon s'envole à son tour et semble se diriger également vers le nichoir (il est bon de savoir qu'on ne voit pas le nichoir dans sa totalité depuis la piste cyclable de la Voie Maritime). Mes photos montrent qu'au moins un faucon s'est rendu au nichoir.

À 16h24 je localise un faucon perché sur des échafaudages sur le pilier en face de celui du nid:


(durant la plupart de mes visites suivantes, des travailleurs étaient présents sur ces échafaudages, ce qui fait que je n'ai plus jamais vu de faucon à cet endroit).

Immédiatement après avoir constaté sa disparition à 16h42 j'ai réalisé qu'il y avait de nouveau un faucon sur le pylône électrique. J'ai quitté peu après.


5 octobre: faucon émerillon ou faucon pèlerin juvénile sur un lampadaire

Cette fois j'ai décidé d'observer à partir de la Rive Sud. Entre 15h30 et 17h30 j'ai pu observer à plusieurs reprises un faucon sur le garde-fou du pilier du nid.


À 17h48 je repère un faucon sur un lampadaire un peu plus au sud.

Voici un agrandissement de la photo précédente:

On ne distingue pas clairement sa tête mais il semble s'agir plutôt d'un faucon émerillon. Il s'est envolé vers 17h52, en direction de l'entrée du pont.

Le faucon pèlerin, lui, est revenu sur le garde-fou du pilier du nid à 18h06. Il s'est envolé à 18h22, après le coucher du soleil et a rejoint un perchoir sous la structure du pont, plus ou moins au-dessus du nichoir.   


Matin du 7 octobre

Pour avoir les meilleures conditions d'éclairage, c'est sur la Rive Sud que je me suis rendu ce matin-là. Quand je suis arrivé un peu avant 8h, la brume achevait juste de se lever. Il m'a fallu attendre un peu pour confirmer qu'un oiseau perché sur une pointe du pont était bien un faucon pèlerin.

À 8h01, un faucon pèlerin passe près de celui qui est perché et vole vers moi. Alors qu'il est proche de la rive, un bouquet d'arbres le cache pendant quelques instants. Il m'a semblé qu'il se préparait à se poser. J'ai vérifié les arbres, sans succès. À 8h24 les cris d'autres oiseaux attirent mon attention et je remarque un faucon pèlerin perché sur le pylône électrique situé tout près de moi. Venait-il d'arriver ou bien était-il là depuis une vingtaine de minutes? Mystère.


Le faucon s'est envolé en direction de l'Ile des Sœurs à 8h35. J'ai alors constaté que le faucon qui était perché sur le pont avait aussi disparu.


À 9h45 j'entends une sorte de cris d'alarme venant de sous le pont. J'ai ainsi découvert un corbeau ou une corneille sur ce qui semble être un nid:



À 10h01 un faucon est de nouveau visible sur une pointe du pont:

À 10h25 il a disparu mais je remarque alors un faucon sur le garde-fou du pilier en face de celui du nid. C'est sans doute ce même faucon qui vient se percher sur mon pylône électrique à 10h30. Il s'est envolé à 10h34.


À 10h44 je repère une silhouette sur une portion de pont relativement au Sud. Quelques instants plus tard je l'entends émettre des Tsioups. Malheureusement je n'ai pas réussi à voir le faucon avec qui il discutait. Il a disparu à 10h52.
Le faucon pèlerin est par la suite venu 3 fois sur mon pylône électrique: à 10h55, 11h12 et 11h17. J'ai quitté à midi.


Après-midi du 15 octobre

Cette fois j'ai de nouveau observé depuis la piste cyclable de la Voie Maritime. Cela tombait bien puisqu'un faucon s'est plusieurs fois perché sous la structure du pont, au-dessus de la Voie Maritime, comme ici à 14h, peu après mon arrivée:



Il s'est envolé à 14h01. Mais à 14h04 j'en revoyais un en vol près du nichoir. Et à 14h10 un faucon pèlerin était perché sur le garde-fou du pilier du nid:

Il s'est envolé à 14h30 et a traversé la piste cyclable en direction de l'Ile des Sœurs.


Un faucon est de retour à 15h22 mais je ne parviens pas à localiser où il s'est posé. Puis soudain à 15h30 ils sont 2!

Les 2 faucons sont partis ensemble en direction de l'Ile des Sœurs à 15h39.


Un faucon était de retour à 15h53 au-dessus de la Voie Maritime:

Il a disparu un peu avant 16h20. Un faucon est ensuite revenu se percher sur le garde-fou du pilier du nid, qu'il a quitté à 17h15. J'ai moi-même quitté à 17h30.


Conclusion

Malgré mes multiples visites je n'ai plus eu l'occasion d'entendre le cri qui semblait être celui d'un juvénile, cri entendu le 30 septembre. Et à moins que des personnes plus expertes que moi concluent que le faucon photographié le 5 octobre sur un lampadaire n'est pas un faucon émerillon, je n'aurais donc pas réussi à confirmer la présence d'un faucon pèlerin juvénile. Il se pourrait qu'un juvénile ait effectivement visité ses parents le 30 septembre mais qu'il se tient à distance habituellement. Après tout, je n'ai examiné que la portion du pont comprise entre la Voie Maritime et la Rive Sud. L'autre portion - entre la Voie Maritime et l'Ile des Sœurs - est encore plus grande. Il se pourrait bien sur aussi que les cris entendus ne provenaient pas d'un juvénile mais d'un adulte. Peut-être un adulte excité par une capture qu'il venait de faire?

Ces visites m'auront cependant permis d'observer une variété de perchoirs que je ne soupçonnais pas, et qui semble plus riche que dans les autres sites: pointes au-dessus du pont, pylônes électriques à proximité du pont, poutre sous le pont à différents endroits, garde-fou de différents piliers, échafaudage, poutre dans la partie supérieure du pont à différents endroits, etc.

Mes observations permettent également d'affirmer qu'au 15 octobre aucun des adultes n'avait entrepris une migration. S'il semble que la plupart des faucons pèlerins de Montréal ne migre pas, on sait en revanche que la femelle qui vivait au Pont Champlain en 2009-2010, elle, migrait. Aussi loin qu'au Brésil!  On le sait parce que cette femelle était suivie par télémétrie dans le cadre d'un étude d'impact du développement d'éoliennes sur les oiseaux de proie. Malheureusement le document indique la date précise de son arrivée au Brésil (25 novembre) mais ne donne pas de précision sur la date de départ sinon que c'était en octobre. Il serait intéressant d'essayer de déterminer ce que font les faucons actuels à cet égard.

vendredi 14 octobre 2016

Observations inattendues de faucon pèlerin dans le secteur de l'Incinérateur des Carrières

Depuis quelques semaines il est devenu très difficile d'observer les faucons pèlerins de l'Incinérateur des Carrières aux endroits qu'ils avaient l'habitude de fréquenter ces derniers mois: l'Incinérateur, le 5800 St-Denis et l'église St-Michel-Archange notamment. Ce phénomène s'explique probablement  par le départ des juvéniles et par le fait que le mâle, Éole, fréquente de nouveau assidument l'Université de Montréal (il était encore apparu devant la caméra du nichoir le 5 octobre, quelques heures avant que celle-ci soit mise hors-fonction pour près de 2 mois pour cause de travaux). En réaction à cette quasi-disparition des faucons, j'ai raréfié mes visites qui sont aussi devenues plus courtes, ce qui évidemment n'aide pas à augmenter les observations! Cependant Monsieur et Madame Robert - qui habitent dans le quartier - continuent de garder un œil sur ces endroits et n'ont pas revu les faucons récemment.

Cet après-midi lors d'une de mes visites, surprise: non pas 1 mais 2 faucons pèlerins étaient présents à l'église Saint-Michel-Archange, dont un sur un perchoir que je n'avais jamais vu utilisé! J'ai ensuite pu en suivre un qui est allé se percher sur le toit d'un entrepôt de la rue de Gaspé (c'était seulement la 2ième fois que j'en voyais un à cet endroit!). Quand ce faucon s'est envolé approximativement vers l'Incinérateur des Carrières après le coucher du soleil, j'ai décidé d'aller jeter un coup d’œil à cet endroit malgré la nuit qui tombait rapidement. Et nouvelle et dernière surprise, un faucon pèlerin était perché sur le mur de l'incinérateur près du coin Sud-Ouest!


2 faucons pèlerins à l'église Saint-Michel-Archange

Après une visite infructueuse à l'Incinérateur des Carrières vers 16h, je suis allé sur le viaduc Van Horne. C'est de là que j'ai aperçu à 16h24 un faucon pèlerin perché sur la croix du clocher de l'église Saint-Michel-Archange. Par chance il était encore présent quand je suis arrivé.



Il ne faisait pas grand chose. En le surveillant j'ai remarqué ce que j'ai pris pour un pigeon, de dos, perché au-dessus d'une fenêtre de l'église. À un certain moment, pour passer le temps, j'ai examiné ce pigeon aux jumelles... et je me suis aperçu que c'était en fait un autre faucon pèlerin!

Le "pigeon" devenu faucon pèlerin

Faucon pèlerin au-dessus d'une fenêtre de l'église
Localisation de la fenêtre (photo prise depuis la rue Saint-Urbain)

Ce 2ième faucon s'est envolé à 16h54 approximativement dans l'axe de Saint-Urbain en direction Nord. Le premier faucon s'est redressé comme s'il allait aussi s'envoler mais a finalement décidé de rester. Je suis remonté sur le viaduc Van Horne pour tenter de localiser le faucon qui venait de partir (je pensais notamment qu'il avait pu aller se percher sur la citerne d'eau de l'entrepôt Saint-Laurent) mais je ne l'ai pas trouvé. À aucun moment je n'ai entendu de communication entre les 2 faucons.

Je suis revenu ensuite à l'église St-Michel-Archange où le 1er faucon était toujours présent. Celui-ci s'est envolé à 17h49, approximativement dans l'axe de la rue Saint-Viateur, en direction Est. J'ai attendu un moment son éventuel retour puis j'ai pris la même direction.


Un faucon pèlerin sur le toit du 5455, avenue de Gaspé

Après avoir traversé le boulevard Saint-Laurent j'ai remarqué un faucon en vol qui se dirigeait vers moi (et vers l'église St-Michel-Archange) au-dessus de la rue Saint-Viateur. Il semblait s'agir d'une femelle par la taille. Le faucon a fait demi-tour et s'est posé sur un coin du toit du 5455, avenue de Gaspé. Il observait les passants grouiller sous lui en espérant probablement voir passer un pigeon, ce qui malheureusement pour lui ne s'est pas réalisé.

Localisation du faucon (5455 avenue de Gaspé)
J'avais hâte de voir où il allait aller quand il partirait. J'étais bien placé pour le voir descendre l'avenue de Gaspé en direction de l'église Saint-Jean-Baptiste où un faucon dort régulièrement ces temps-ci, ou pour le voir retourner vers l'église Saint-Michel-Archange, et au-delà, vers l'église Sainte-Madeleine d'Outremont qui a aussi déjà servi de dortoir. À ma grande surprise il est bien parti à 18h15 (soit 7 minutes après le coucher du soleil) dans l'axe de la rue Saint-Viateur mais vers l'Est plutôt que vers l'Ouest... Je l'ai immédiatement perdu de vue au-dessus du toit. J'étais perplexe puisque je ne connaissais pas de dortoir dans cette direction. Mais comme la lune était pratiquement pleine (pleine lune dans 2 jours, le 16 octobre) et que le ciel était dégagé, je me suis dit qu'il était peut-être parti chasser.


Et pour finir, un faucon pèlerin à l'Incinérateur des Carrières

J'ai commencé par remonter sur le viaduc Van Horne pour examiner aux jumelles les églises Saint-Michel-Archange et Sainte-Madeleine d'Outremont (au cas où il aurait fait un arc de cercle ou bien que l'autre faucon était réapparu): aucun faucon n'y était visible.

Je me suis ensuite dirigé vers l'Incinérateur des Carrières qui se trouvait être proche de ma station Bixi. Toujours avec l'idée que le faucon était peut-être parti chasser, j'espérais vaguement le voir déguster une proie sur la passerelle supérieure d'une des cheminées. Compte tenu de l'obscurité qui était déjà bien installée, c'était essentiellement tout ce que je pouvais espérer. Pour être franc, je ne pensais pas voir quelque chose! Mais à ma grande surprise, un faucon était perché sur le mur de l'Incinérateur près du coin Sud-Ouest!


Il était alors 18h42. Le faucon était toujours présent 20 minutes plus tard quand j'ai quitté. Se pourrait-il qu'il dorme là? Je n'en sais rien mais c'est à rapprocher d'une observation (ou plutôt d'une absence d'observation) que j'ai faite hier: l'église Saint-Jean-Baptiste semblait déserte hier soir à 19h30, ce qui m'a amené à aller examiner le dortoir alternatif de l'église Sainte-Madeleine d'Outremont: désert lui aussi.

(À noter que, comme me l'a fait remarquer Monsieur Robert, la piste cyclable passant derrière l'Incinérateur des Carrières est actuellement fermée une grande partie de la journée.)