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dimanche 21 août 2016

Les faucons pèlerins de l'Incinérateur des Carrières se déploient sur 4 arrondissements de Montréal

Ces derniers jours la famille de faucons pèlerins de l'Incinérateur des Carrières s'est déployée sur un territoire de plusieurs kilomètres-carrés, s'étendant sur 4 arrondissements de Montréal.

Rappelons que cette famille est composée de 2 adultes: Eve (la femelle), Eole (le mâle) et de leurs 2 jeunes, tous des mâles. Le premier jeune mâle, qui était tombé du nid le 28 juillet, est présentement à l'UQROP et "devrait être relâchable dans les prochaines semaines" d'après le docteur Guy Fitzgerald joint avant-hier (il est possible de le voir dans une volière de Chouette à Voir à Sainte-Jude; rappelons que les opérations de réhabilitation des oiseaux de proie de l'UQROP sont en partie financées par les droits d'entrée à cette installation: une visite à cet endroit est donc un moyen de contribuer à cet effort). Le deuxième mâle a été plus chanceux et a quitté le nid avec succès au début du mois. Ce sont ces 2 adultes et le 2ième jeune mâle qu'on peut voir actuellement dans le ciel Montréalais.

Les 4 arrondissements de Montréal où on peut voir ces faucons pèlerins sont:
  • Rosemont-La Petite Patrie: c'est dans cet arrondissement qu'est situé le nid, à l'Incinérateur des Carrières plus précisément. Un adulte et le juvénile y étaient encore visibles avant-hier matin.  Deux autres sites qui ont reçu la visite des faucons pèlerins sont l'édifice du 5800 Saint-Denis (adulte + juvénile) et la Chambre de la Jeunesse au 410 rue de Bellechasse (juvénile).
  • Le Plateau Mont-Royal: de nombreuses observations ont été faites à l'église Saint-Michel-Archange. qui durant les derniers jours semble être devenue le point central des faucons.
  • Outremont. Un faucon pèlerin a été observé au coucher du soleil sur le clocher de l'église Sainte-Madeleine d'Outremont le 15 août.
  • Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce: Éole visite quotidiennement sa seconde femelle, Spirit, à l'Université de Montréal.

Dans ce qui suit, je présente plus en détails les différents sites et les activités qui y ont été observées.


L'église Saint-Michel-Archange

Cette église est située à l'intersection de Saint-Viateur et de Saint-Urbain dans l'arrondissement Plateau Mont-Royal. Utilisée dès le 14 août, son importance semble avoir augmentée au fil des jours avec notamment un faucon qui l'utilise pour dormir.

L'an dernier j'y avais observé des faucons pèlerins du 13 août 2015 au 31 octobre 2015. Au moins un juvénile avait alors fréquenté cette église. Plus tôt cette année j'avais observé à plusieurs reprises un ou plusieurs adultes à cette église, voir par exemple cette observation du 21 avril.

 

14 août: le juvénile amené à cette église par un adulte ?


Le 14 août, après une pause de 5 jours dans l'observation des faucons, j'observais l'un d'eux sur la passerelle supérieure de la cheminée Est de l'Incinérateur des Carrières. Il s'est envolé à 18h en compagnie d'un 2ième faucon que je n'avais pas vu. Les 2 ont disparu approximativement dans l'axe de la piste cyclable en direction Ouest. Après 10 minutes, comme ils n'étaient toujours pas revenus, j'ai décidé de marcher dans cette direction. L'église Saint-Michel-Archange est visible au loin peu après avoir quitté l'Incinérateur. Aux jumelles j'ai constaté la présence d'un oiseau sur le clocher. En m'approchant j'ai constaté que 2 faucons pèlerins volaient autour du clocher.

2 faucons pèlerins en vol au-dessus de l'église St-Michel-Archange - 14"08/2016
Un de ces faucons s'est rapproché de moi (j'étais alors sur le viaduc Van Horne) et s'est posé sur le 5800 St-Denis: c'était le juvénile. Un adulte l'a forcé à s'envoler à 18h37 puis de nouveau à 18h57. À 19h11 je constate qu'il y a de nouveau un faucon sur le clocher de l'église Saint-Michel-Archange mais il disparait alors que je m'approche. À 20h23, après avoir cherché en vain le juvénile à l'Incinérateur des Carrières je suis allé jusqu'à l'église Saint-Michel-Archange mais je n'y ai vu aucun faucon.

Rebelote les 16 et 19 août

À 11h30 ce 16 août le juvénile est à l'Incinérateur des Carrières. À 11h50 un adulte arrive et les 2 s'envolent en suivant approximativement la piste cyclable vers l'Ouest. À 12h20 alors que je quitte l'Incinérateur je remarque la présence d'un oiseau sur le clocher de l'église Saint-Michel-Archange.

Vers 7h10 le 19 août, le juvénile et un adulte quittent l'Incinérateur des Carrières. À 7h30 alors que je quitte l'Incinérateur des Carrières je remarque un oiseau sur le clocher de l'église St-Michel-Archange. Il disparait pendant que je m'approche mais à 8h27 un oiseau est de nouveau visible sur le clocher. Cette fois il m'attend et je peux vérifier qu'il s'agit bien d'un faucon pèlerin.


19 août: longue présence d'un adulte; quelques visites du juvénile

Comme indiqué plus haut, à 8h27 j'ai pu constater de loin la présence d'un faucon pèlerin sur la croix du clocher de l'église Saint-Michel Archange. J'ai décidé de l'observer depuis le viaduc afin de voir où il irait quand il s'envolerait. Il s'est envolé à 8h44 mais est revenu se poser dans une "loge" (voir la vidéo pour la définition de "loge"). J'ai alors décidé de m'approcher. Il s'agissait d'Eve (adulte non bagué).

Le juvénile s'est manifesté par ses cris à 9h17 mais je n'ai pas réussi à le voir. À 9h42 cependant je l'ai vu se poser sur le dôme du clocher. Il est resté environ 10 minutes avant de s'envoler approximativement vers le métro Rosemont.



Faucon pèlerin juvénile sur le clocher de l'église St-Michel-Archange - 19/08/2016

L'adulte était toujours présent quand j'ai quitté à 10h30. À 12h38 quand je suis repassé, un faucon était encore présent dans une des loges. À mon retour pour l'observation de fin de journée, un faucon pèlerin était perché au sommet de la croix du clocher. Il s'est envolé à 19h42 mais malheureusement je l'ai presque immédiatement perdu de vue derrière un bâtiment.

20 août: 2 faucons pèlerins en début de soirée, dont un qui reste dormir

 

À 10h10, lors d'une courte visite, un faucon pèlerin était présent sur le clocher.

Je suis revenu à 19h28. Depuis le métro Rosemont j'ai pu constater la présence de 2 oiseaux sur le clocher de l'église. Une fois arrivé sur place il ne restait plus que un faucon pèlerin, occupé à manger une proie qui semblait encore frémissante. Il a terminé son repas bien après le coucher du soleil. Il s'est envolé une première fois à 20h18, est revenu se poser à un autre endroit sur le dôme, s'est envolé une deuxième fois à 20h27, a tenté sans succès de se poser dans une loge avant de réussir à s'y poser lors d'une 2ième tentative.

Il s'agissait probablement du juvénile, qui aurait reçu d'un adulte une proie possiblement encore vivante. Le fait qu'il a du s'y reprendre à 2 fois avant de réussir à se poser dans une loge plaide également en faveur de cette hypothèse.


21 août: le juvénile et un adulte présents dans des loges

Entre 11h45 et 12h10, un adulte et un juvénile étaient présents sur le clocher de l'église Saint-Michel-Archange. À 12h10 les deux faucons sont passés en vol au-dessus de l'avenue Bernard (j'ai été alerté par les cris du juvénile). Au moins un des faucons est ensuite revenu à l'église.

Faucon pèlerin juvénile dans une loge de l'église Saint-Michel-Archange - 21/08/2016

À signaler également la présence d'un pigeon écrasé sur le viaduc Van Horne, possible conséquence d'un exercice de transfert de proie raté.

 

Le 5800 Saint-Denis (et la Chambre de Jeunesse)

S'il se confirme dans les prochains jours que le juvénile s'est bien installé à l'église Saint-Michel-Archange, l'édifice du 5800 Saint-Denis aura peut-être seulement servi pendant quelques jours de base intermédiaire entre cette église et l'Incinérateur des Carrières où le fauconneau a semblé continuer de dormir pendant quelques jours.

L'an dernier, 2 faucons pèlerins juvéniles y avaient été observés dès le 7 août 2015. En septembre de cette même année, il était possible de voir des faucons perchés aux fenêtres (cet article contient également une photo prise de l'intérieur de l'édifice d'un faucon pèlerin juvénile perché à une fenêtre, à une année non déterminée, possiblement 2008). En 2015 le 5800 avait été utilisé pendant une longue période alors qu'un des juvéniles avait choisi de dormir au 5605 avenue de Gaspé, situé juste en face, de l'autre côté des voies ferrées.

14 août: faucons en provenance de l'église Saint-Michel-Archange

Tel qu'expliqué plus haut, le 14 août à 18h un adulte a amené le juvénile de l'Incinérateur des Carrières à l'église Saint-Michel-Archange. À 18h24 le juvénile s'est envolé de l'église Saint-Michel-Archange et, après avoir volé quelques instants dans le secteur, a fini par se poser sur le toit du 5800 St-Denis. Sa première tentative a été un "touch-and-go": il s'est réenvolé aussitôt, ce qui m'amène à me demander si ce n'était pas l'une des premières fois qu'il se posait sur ce bâtiment.

À 18h37 il est rejoint par un adulte. Les 2 faucons s'envolent. À 18h42, depuis le viaduc, je constate qu'un faucon est de retour sur le toit. Je décide de revenir au pied de l'immeuble.Je vois le juvénile - qui s'était peut-être de nouveau envolé entre temps - se poser sur le toit à 18h50. À 18h57 nouveau passage d'un adulte: les 2 faucons s'envolent de nouveau. Le juvénile revient presque immédiatement. Il quitte à 19h10 en direction approximativement de l'église St-Michel-Archange. 2 minutes plus tard je constate effectivement aux jumelles la présence d'un faucon sur le clocher de cette église.

15 août: tentative de capture d'un insecte, poursuite d'une corneille et repas sur l'édifice de la Chambre de la Jeunesse

Je repère le juvénile à 7h25 sur le toit du 5800 St-Denis au coin St-Denis/Van Horne. Il s'envole et se perche sur le coin opposé, c'est-à-dire sur le coin Henri-Julien/des Carrières.

À 8h05 il s'envole à nouveau:
Faucon pèlerin juvénile en vol - 15/08/2016
À ma grande surprise il freine brusquement alors qu'il est en vol. Je comprends ce qui s'est passé quand je vois un gros insecte s'éloigner de lui: il avait tenter de l'attraper!

Il s'est posé à nouveau sur le toit. 2 minutes plus tard un faucon pèlerin adulte est arrivé, vraisemblablement avec un repas puisque le juvénile s'est mis à manger quelques instants plus tard. L'adulte est allé se percher sur le coin adjacent pendant quelques, avant de partir surveiller le repas du juvénile d'encore plus loin: la citerne de l'entrepôt Saint-Laurent.

Faucon pèlerin adulte - 15/08/2016
À 9h12 une corneille s'approche, insouciante, du 5800 St-Denis. Le faucon pèlerin juvénile a sans doute vu là une possible camarade de jeu. Il s'est donc envolé à sa rencontre. La corneille a immédiatement fait demi-tour et a quitté aussi vite qu'elle le pouvait... Le juvénile a abandonné la poursuite et est revenu se poser sur le toit du 5800 St-Denis.

À 9h18, alors que je quittais le secteur, je crois voir un faucon transportant une proie qui s'éloigne du 5800 St-Denis. Je l'ai vu se poser sur le toit de l'édifice de la Chambre de la Jeunesse au 410 rue de Bellechasse. Une fois rendu sur place j'ai constaté que c'était le juvénile:


En début de soirée, 2 corneilles étaient occupées à manger les restes du repas.

17 et 18 août: juvénile toujours présent

Durant ces 2 jours, je n'ai fait que des observations en fin de journée. Le 17 août à 19h27 le juvénile apparait en vol au-dessus du 5800 St-Denis et se pose sur l'antenne. Il quitte 5 minutes plus tard vers le métro Rosemont. Comme j'étais sur le viaduc je l'ai perdu de vue presque immédiatement.

Le 18 août le juvénile était présent plus longuement, soit de 19h04 (moment où je suis arrivé) à 19h58. Il s'activait sur le toit mais je n'ai pas réussi à déterminer ce qu'il faisait, peut-être tentait-il d'attraper des insectes qui se déplaçaient sur le toit?  Il a quitté à 19h58 en direction approximativement de l'Incinérateur des Carrières.

Ce jour-là j'ai été contacté par Mme Martin qui travaille au 5800 et qui m'a informé que 2 faucons avaient donné tout un spectacle en journée, notamment en planant près de leurs fenêtres.

19, 20 et 21 août: aucune activité observée

Le 19 août, encouragée par le message de Mme Martin j'espérais documenter l'activité des faucons au 5800. Malheureusement de 6h à 10h30 et lors d'un rapide passage à 12h38, je n'y ai vu aucun faucon. Durant cette périodes les faucons étaient actifs à l'Incinérateur des Carrières ou à l'église Saint-Michel-Archange. Aucune activité non plus au 5800 à partir de 19h20.

Les 20 et 21 août, alors que le 5800 était tranquille puisque c'était le week-end, je n'y ai observé aucun faucon.


L'incinérateur des Carrières

C'est à l'Incinérateur des Carrières, entre le mur et la cheminée Est, que les 2 juvéniles sont nés. À cause de ses hautes cheminées, on peut penser que l'incinérateur continuera à recevoir régulièrement la visite de faucons pèlerins. Mais ces derniers jours l'Incinérateur semble avoir perdu de son importance auprès du juvénile, particulièrement en fin de journée, au profit de l'église St-Michel-Archange.


Le 14 août aux alentours de 18h un adulte a conduit le 2ième juvénile (rappelons que le premier juvénile est à l'UQROP suite à une chute du nid le 28 juillet) de l'Incinérateur à l'église St-Michel-Archange. Ce juvénile est ensuite revenu au 5800 St-Denis. Un faucon a été brièvement aperçu de nouveau sur l'église St-Michel-Archange mais une visite à cette église n'a rien donné. Une visite aux alentours de 20h à l'incinérateur n'a non plus rien donné mais il n'est pas difficile pour un faucon immobile de passer inaperçu sur les cheminées de l'Incinérateur, particulièrement quand la lumière commence à baisser.

La photo ci-dessous montre un récent signe d'activité des faucons à l'Incinérateur. J'ai trouvé cette aile au bord de la piste cyclable qui passe derrière l'Incinérateur à 19h45 le 14 août et je suis revenu la photographier le lendemain.
Aile intacte trouvée au bord de la piste cyclable de l'Incinérateur le 14/08/2016

Le 15 août vers 15h, un faucon pèlerin volait au-dessus des voies de chemin de fer à hauteur du métro Rosemont, en provenance apparemment de l'Incinérateur.

Le 16 août vers 11h, comme aucun faucon n'est visible sur l'église St-Michel-Archange ni sur le 5800 St-Denis, je me rends à l'Incinérateur. J'y découvre le juvénile. Il s'envole à 11h34 en direction de l'avenue Papineau, puis revient 4 minutes plus tard. À 11h47 il commence à crier. Il disparait pendant que je cherche des yeux où pourrait être l'autre faucon. Je retrouve un faucon sur la cheminée Ouest quelques instants plus tard. Un autre faucon arrive en vol à 11h51 et les 2 quittent, en direction de l'église St-Michel-Archange.

Le 17 août vers 19h30 le juvénile se pose sur une antenne du 5800 St-Denis. Il s'envole 5 minutes plus tard en direction du métro Rosemont. C'est aussi la direction de l'Incinérateur des Carrières.

Le 18 août, après près d'une heure passée sur le toit du 5800, le juvénile décolle à 19h58 en direction de l'Incinérateur des Carrières.

Le lendemain matin à 6h30 un faucon pèlerin adulte était présent sur la passerelle supérieure de la cheminée Ouest. À 6h48 le juvénile apparait et se pose sur un toit de l'Incinérateur.
Juvénile sur un toit de l'incinérateur - 19/08/2016
2 minutes plus tard il part se percher en criant sur une passerelle de la cheminée Ouest, sous l'adulte. Les 2 faucons quittent à 7h08 en direction de la rue des Carrières. À 7h29 lorsque je quitte à mon tour l'Incinérateur, je remarque un oiseau sur le clocher de l'église St-Michel-Archange.

Le soir du 19 août, à 19h42, depuis le viaduc Van Horne je vois un faucon décoller de l'église St-Michel-Archange. Je le perds rapidement de vue mais je surveille un éventuel vol en direction de l'Incinérateur des Carrières, en vain. Le faucon a peut-être fait un court vol pour revenir se percher dans une loge du clocher de l'église St-Michel-Archange. C'est en tout cas ce qui s'est passé le lendemain soir, 20 août. Ces observations suggèrent que le juvénile a pu commencer à dormir à l'église St-Michel-Archange à partir du 19 août. 


Église Sainte-Madeleine d'Outremont

Le 15 août 2016 à 19h30, depuis le viaduc Van Horne je remarque un oiseau sur le clocher de cette église. Il y était toujours quand je suis arrivé sur place. C'était bien un faucon pèlerin mais les photos ne permettent pas de dire si c'était un adulte ou un juvénile. Il était toujours là quand j'ai quitté à 20h20.

Un oiseau était présent à la même place le 17 août à 18h20. Malheureusement cette fois-ci il avait disparu quand je suis arrivé sur place.

L'église Sainte-Madeleine d'Outremont avait été utilisée à plusieurs reprises comme dortoir l'an dernier par un faucon. Ma première observation remonte au 7 août 2015. Il n'était pas clair si le faucon qui y dormait était un adulte ou un juvénile mais les 24 et 25 octobre 2015, c'était clairement un juvénile. Cette observation avait d'ailleurs été la dernière d'un juvénile de ce couple en 2015.


Université de Montréal

Rappelons qu'Éole (l'adulte mâle de l'Incinérateur des Carrières) a apparemment pour ambition d'avoir des bébés à 2 nids différents de 2 femelles différentes la même année...

En 2014, Éole avait tenté une première nidification à l'Incinérateur des Carrières avec une femelle non baguée, surnommée Eve. Les œufs n'ont malheureusement pas éclos. À l'automne 2014 Éole est retourné à l'Université de Montréal où il était né en 2011. Ce retour a coïncidé avec la disparition de son père, Roger. Début 2015 Éole s'accouple avec Spirit, sa mère. Mais peu avant la ponte des œufs, Éole retourne à l'Incinérateur des Carrières où il retrouve Eve. Le couple déménagera à l'église Saint-Marc où ils auront 4 fauconneaux. À l'Université de Montréal, un nouveau mâle, Arthurin, quelque peu surpris par l'arrivée très rapide de 4 œufs, prend le relai. 3 œufs écloront; on ne saura jamais si un ou plusieurs des fauconneaux était d'Éole.
À l'automne 2015, Éole retourne à l'Université de Montréal alors qu'Arthurin disparait, ce qui n'empêche pas Éole de garder contact avec Eve (rencontres à l'église Saint-Jean-Baptiste et à l'Université de Montréal). Au printemps 2016 cependant, Éole semble rester fidèle à Spirit et participe activement à la couvaison de leurs 4 œufs. Mais le couple est attaqué par d'autres faucons pèlerins. Les 2 faucons sont blessés. Le 1er mai, Éole disparait, remplacé par un nouveau mâle, Brett. Éole a été retrouvé 2 jours plus tard à l'Incinérateur des Carrières, occupé à tenter de déloger avec Eve un couple de corbeaux... De leur union sont nés les 2 fauconneaux dont il est question dans cet article. À l'Université de Montréal, les 4 œufs ont été laissés trop longtemps à découvert par les parents qui devaient défendre leur territoire et n'ont donc pas éclos, ce qui a empêché Éole d'avoir des fauconneaux aux 2 endroits.

Cette année Éole n'a pas attendu l'automne pour retourner à l'Université de Montréal. Ses premières visites ont été observées à la mi-juillet, voir par exemple cette vidéo du 17 juillet par Faucons de l'UdeM. Ces visites se poursuivaient durant la période du 14 au 21 août 2016: en consultant les archives de la caméra de Faucons de l'UdeM, j'ai pu compter 7 visites certaines d'Éole à l'intérieur du nichoir.

Éole à l'Université de Montréal - 20/08/2016 (crédit: Eve Belisle, http://ornithologie.ca/faucons/)
La photo ci-dessus a été prise le 20 août à 11h40, moins de 1 minute avant une rencontre entre Spirit et Éole à l'intérieur du nichoir.

Ces visites d'Éole à l'Université de Montréal alors qu'un de ses jeunes est toujours présent suggèrent les questions suivantes: verra-t-on le juvénile à l'Université de Montréal? Et si non, qu'est-ce qui l’empêcherait de suivre son père? Et comment réagirait Spirit face au juvénile?

Je n'ai malheureusement pas la réponse à ces questions. On peut néanmoins penser que si un adulte ne veut pas qu'un juvénile le suive, il a plusieurs moyens à sa disposition: la ruse (au Pont Champlain j'avais vu un adulte poursuivi par un juvénile changer brusquement de trajectoire et se cacher sous la structure du pont; le juvénile avait continué tout droit...); la vitesse (pendant la première année les juvéniles ont des ailes qui facilitent l'apprentissage du vol mais qui les rendent moins rapides); l'utilisation de la force (l'adulte pourrait donner une correction à un juvénile qui persisterait à le suivre).





vendredi 5 août 2016

Premiers jours hors du nid pour le 2ième jeune faucon pèlerin de l'Incinérateur des Carrières

Le 2ième fauconneau de l'Incinérateur des Carrières a quitté le nid quelque part entre le matin du 31 juillet et le matin du 1er août. Retrouvé en début d'après-midi du 1er août sur les terrains de l'Incinérateur, il a été perdu de vue à nouveau le lendemain à midi. Cette fois-ci il a été retrouvé sur la rue Saint-Grégoire, de l'autre côté des voies ferrées, le matin du 3 août. Sa première aventure significative s'est terminée le 4 août vers midi lorsqu'il est retourné de lui-même à l'Incinérateur où il a été chaleureusement accueilli par ses parents. Rappelons qu'un autre fauconneau avait chuté le 28 juillet et se trouve présentement à l'UQROP


Remerciements
De nombreuses personnes ont contribué à ce que cette première aventure du fauconneau se passe bien et à la documenter. Mes remerciements vont aux personnes suivantes:
  • Les gens de l'Incinérateur des Carrières, en particulier M. Brunetta, pour leur tolérance vis-à-vis du fauconneau (et de ses observateurs!) et pour leur souci pour sa sécurité.
  • Les gens de l'Écocentre de La Petite-Patrie, ainsi que ceux de la Brasserie RJ située de l'autre côté des voies ferrées, pour avoir accepté de garder l'œil ouvert et de me prévenir s'ils le voyaient. 
  • Les autres observateurs des faucons pour le temps qu'ils ont consacré à surveiller le fauconneau et pour le partage d'information, plus spécialement et par ordre alphabétique: Eve Belisle, Richard Dupuis, Christian Fritschi, Sandy.
  • M. Chartier-Bachand, du ministère des forêts, de la faune et des parcs pour m'avoir confirmé très rapidement que son service n'avait pas capturé le fauconneau.
  • Les gens du secteur de la rue Saint-Grégoire qui ont retrouvé le fauconneau le 3 août, qui ont mis à sa disposition un peu d'eau et qui ont remonté l'information jusqu'à moi: M. Adam Jones, M. Guy Vaillancourt, M. et Mme Robert et leur fille, ainsi que d'autres personnes dont je n'ai malheureusement pas retenu le nom. 

Matin du 1er août: constatation de sa disparition 

Une erreur

À 7h12 ce matin-là  je constate la présence à l'entrée Ouest du nid d'un faucon que je pense être, à tort, le fauconneau. À 7h21 un adulte entre au nid par l'entrée Ouest et en ressort presque immédiatement par l'entrée Est, avec une proie entre ses serres. En principe c'est l'inverse qui devrait se produire à ce stade-ci: une proie devrait entrer au nid, et non en sortir! L'adulte a amené la proie sur la passerelle à mi-hauteur de la cheminée Est et a apparemment commencé à la manger. Pendant ce temps je vois du coin de l’œil ce qui semble être un autre faucon sortir du nid par l'entrée Est. Je surveille son éventuel retour vers les cheminées mais je ne vois rien revenir. Comme j'avais cru voir le fauconneau un peu plus tôt à l'entrée Ouest - et que je ne le voyais plus - j'ai conclu qu'il avait probablement poursuivi à retardement l'adulte qui était parti avec son repas. Cette erreur a par la suite orienté mes recherches du côté Est des cheminées alors que comme la suite allait le montrer le fauconneau était vraisemblablement du côté Ouest. À 7h38, l'adulte ramène ce qui restait de la proie au nid mais en ressort presque aussitôt. Il se pose sur le muret entre les 2 cheminées et appelle. À 7h56 l'adulte confirme qu'il avait ramené la nourriture avec lui en se mettant à manger.

Ce que l'on sait

Après examen de mes photos prises à 7h12, je peux affirmer que les 2 adultes étaient présents sur place: un au bord de l'entrée Ouest du nid et un autre sur le garde-fou de la passerelle à mi-hauteur de la cheminée Est et qui est entré au nid à 7h21.

Je n'ai pas vu ni entendu le fauconneau ce matin-là. La dernière fois que j'avais vu le fauconneau c'était la veille au matin. Voici une vidéo prise à cette occasion. On remarque notamment qu'il a tenté d'escalader le mur de l'Incinérateur, et aussi qu'il a failli tomber du nid. Les premiers vols commencent souvent accidentellement.

31 juillet 2016: dernière observation du fauconneau au nid


1er août, 14h - 2 août, 12h: sur les blocs de béton le long de la piste cyclable

Après-midi du 1er août

Vers 14h, Sandy remarque le fauconneau sur les blocs de béton qui séparent la piste cyclable de l'incinérateur, à l'Ouest des cheminées. Il finit par descendre du côté Déchetterie/Incinérateur et elle le perd de vue. Richard Dupuis localise à nouveau le fauconneau vers 17h et s'assure qu'il se trouve un endroit sécuritaire pour passer la nuit. Deux photos ont été publiées par Richard Dupuis sur la page Facebook des Faucons de l'UdeM: 1ère photo et 2ième photo.

Matin du 2 août

Lorsque j'arrive à 6h09, un chat se promenait au pied des cheminées et un faucon adulte était perché sur la cheminée Ouest, du côté rue des Carrières. Je repère finalement le fauconneau peu après 7h sur les blocs de béton qui séparent la piste cyclable de l'incinérateur. Il a passé plusieurs minutes à observer le passage des joggeurs et des cyclistes, qui n'avaient apparemment aucune conscience de cette présence inusitée.


Vers 7h33, les survols d'un adulte qui tenait bien visiblement dans ses serres une proie font réagir le fauconneau. Il se met à crier et se déplace vers l'intérieur du terrain de l'Incinérateur. Je le perds alors de vue. Après avoir plumé la proie, l'adulte vole à plusieurs reprises avec elle au-dessus du fauconneau avant de se poser à 7h44 sur le toit de l'Incinérateur, du côté Ouest, toujours avec la proie. Après avoir attendu un moment j'ai décidé de tenter de voir le fauconneau depuis la rue des Carrières. C'est à ce moment-là que j'ai rencontré Christian Fritschi.

Ça se complique

Je repère rapidement le fauconneau depuis la rue des Carrières. Pour comprendre la suite, une petite explication sur les blocs de béton est nécessaire. Depuis la piste cyclable on pourrait penser que ces blocs sont entreposés là pour une éventuelle future utilisation et/ou qu'ils sont disposés à cet endroit de façon à servir de mur entre la piste cyclable et l'incinérateur. En réalité, comme on peut le voir depuis la rue des Carrières, ces blocs servent à délimiter plusieurs box qui contiennent chacun un matériau (sable, gravillon, etc). Lorsque j'ai repéré le fauconneau, il se tenait à l'extrémité d'un des côtés délimitant un box. Une chargeuse sur pneu travaillait sur le matériau contenu dans un des box. Pas sur le box du fauconneau, ni sur le box adjacent mais sur le box suivant si j'ai bonne mémoire. N'empêche que le chargeur sur pneu pouvait avoir à travailler sur un box plus proche de celui du fauconneau, ou bien le fauconneau pouvait avoir la mauvaise idée d'aller explorer les amoncellements de matériau... C'est à ce moment-là que j'ai reçu un message de M. Brunetta, contremaitre à l'Incinérateur, m'informant qu'un appel avait été effectué auprès des agents de la faune parce qu'un des fauconneaux était en mauvaise position près de leurs appareils.

Sur la benne d'un camion en mouvement...

Ce message a reçu une illustration frappante quelques minutes plus tard. Pendant que je répondais au message, le fauconneau a changé de place. Quand je l'ai localisé à nouveau il n'était plus sur un bloc en béton mais sur une structure que je n'ai pas réussi à identifier immédiatement. À nouveau une chargeuse sur pneu manœuvrait à proximité. Tout d'un coup j'ai vu la structure sur laquelle était perché le fauconneau bouger! C'est à ce moment-là que j'ai réalisé que le fauconneau était perché sur l'extrémité arrière de la benne d'un camion et que celui-ci démarrait... Christian Fritschi et moi étions alors à quelques mètres du bureau des contremaitres. Comme je connaissais les lieux, je me suis précipité à l'intérieur, j'ai expliqué la nouvelle situation à M. Brunetta et j'ai demandé s'il pouvait arrêter le camion. Nous sommes sortis tous les deux. Le camion s'est arrêté à notre hauteur. Sa conductrice avait été consciente de la présence du fauconneau et nous a indiqué l'avoir vu quitter le camion. Nous l'avons en effet localisé quelques minutes plus tard, à nouveau en sécurité sur les blocs de béton.

Sous surveillance jusqu'à midi

M. Brunetta nous a gentiment permis, à Christian Fritschi et à moi-même, de surveiller le fauconneau depuis les terrains de l'Incinérateur. Après quelques minutes, j'ai décidé de rejoindre la piste cyclable au cas où le fauconneau bougerait dans cette direction. Lorsque Sandy est arrivée vers 10h30 j'ai quitté pour rentrer chez moi. Aux alentours de midi, Christian Fritschi a quitté, suivi peu de temps après par Sandy (elle m'avait prévenu à l'avance qu'elle ne pourrait pas rester au-delà de 12h30 mais je n'aurais pas pu être de retour à 12h30).

Voici un montage-photos réalisé par Christian Fritschi à partir de photos prises par lui ce matin-là:
Fauconneau sur une structure de l'incinérateur - 2 août (crédit: C. Fritschi)
L'original de cette photo se trouve sur son site Flickr, ainsi qu'un autre montage-photo et un portrait du fauconneau. Merci à Christian Fritschi pour m'avoir permis d'inclure sa photo.


2 août midi - 3 août 11h30: disparition du fauconneau

Lorsqu'Eve Belisle se rend sur place peu avant 17h, le fauconneau est introuvable et aucun adulte n'est visible non plus.

Je prends le relai à partir de 18h15. À 18h55, un adulte annonce sa présence en alarmant brièvement. Je le repère tout en haut de la cheminée Est. Il quitte à 20h27 après le coucher du soleil. Sa direction de départ est la même que celle observée le 6 juillet après le coucher du soleil, ce qui suggère qu'il pouvait s'agir du mâle qui a rejoint son perchoir de nuit. J'ai attendu 30 minutes mais je n'ai vu aucun faucon revenir.

Le lendemain matin, vers 7h les adultes semblent chercher le fauconneau. Le manège inclut du transport de nourriture, une courte visite au nid, beaucoup d'appels et même un cri que je n'ai jamais entendu auparavant. En revanche aucun cri de fauconneau.

À 7h36 j'envoie un courriel à M. Chartier-Bachand pour tenter de vérifier si les agents de la faune ont répondu à l'appel des gens de l'incinérateur en capturant le fauconneau. La réponse est presque immédiate: les agents de la faune sont au courant de la situation mais ne sont pas intervenus.

Fort de cette information, je décide d'élargir les recherches. Je marche d'abord vers le Nord, en direction du parc Père Marquette, sans succès. Après être revenu à l'Incinérateur des Carrières, je me dirige dans la direction opposée et je traverse les voies ferrées. J'ai d'abord examiné les abords des Brasseurs RJ où j'ai laissé ma carte à un groupe d'employés qui prenait leur pause à l'extérieur. Je me suis ensuite dirigé vers le parc Laurier, de l'autre côté de la rue Saint-Grégoire, avec l'intention de laisser ma carte au chalet d'accueil; malheureusement ce parc ne semble pas avoir de chalet d'accueil, au sens d'un endroit où le public peut obtenir de l'information et le cas échéant rapporter l'observation d'un animal en détresse. Je n'ai malheureusement pas remonté la rue Saint-Grégoire vers l'Est, sinon j'aurais peut-être pu découvrir moi-même le fauconneau. J'ai quitté à 11h15.


3 août 11h30 - 4 août 12h:  fauconneau sur la rue Saint-Grégoire

Comment j'ai appris que le fauconneau avait été retrouvé

La façon dont j'ai appris que le fauconneau avait été retrouvé ne manque pas de saveur. Avant de partir 2 semaines en vacances à l'extérieur du pays, M. et Mme Robert avait participé très activement au suivi de cette famille de faucon pèlerin, et je leur en suis d'ailleurs très reconnaissant. M. Robert m'avait annoncé que leur avion allait atterrir à Montréal dans l'après-midi et qu'ils avaient hâte de voir le fauconneau. Histoire de leur éviter un déplacement inutile, je les ai prévenus qu'on avait perdu sa trace depuis la veille.

Imaginez donc ma surprise lorsqu'à 17h45 je reçois un bref courriel de M. Robert m’annonçant: "Il serait sur St-Grégoire entre Fabre et Marquette. Côté sud dans ruelle"!

J'ai retrouvé les Robert sur place avec leur fille. Ils venaient directement de l'aéroport. Comme ils me l'ont raconté par la suite, celui qui avait retrouvé le fauconneau - Adam Jones - avait posté sur Facebook une photo du fauconneau prise le matin même. La publication a été remarquée par la fille des Robert qui a annoncé la nouvelle à ses parents en les cherchant à l'aéroport. En examinant la photo, M. Robert a immédiatement réalisé qu'il s'agissait du fauconneau que l'on cherchait. Et voilà!

Le fauconneau était perché sur une poulie de fil à linge sur un poteau de bois à l'angle de la rue St-Grégoire et d'une ruelle. Dans la photo ci-dessous, le cercle rouge indique la position du fauconneau.

Le fauconneau est sur le poteau de bois, à l'endroit indiqué par un cercle rouge


Gros plan du fauconneau sur la poulie

Les photos de M. Robert sont visibles ici. On remarque sur ma dernière photo et les siennes que l'extrémité de la queue semble un peu abimée, possible résultat de la rencontre du fauconneau avec un oiseau qui n'appréciait pas trop sa présence.

Les circonstances de la découverte

M. Adam Jones se présente sur sa page Facebook comme promeneur de chiens. C'est en exerçant cette activité qu'il a remarqué vers 11h30 le fauconneau qui l'examinait depuis le toit d'un garage!

Le fauconneau était toujours là à son passage suivant 1 heure plus tard.

À 14h, avec l'aide de l'escabeau d'un voisin, il a placé un bol d'eau sur le toit. M. Jones a également contacté les agents de la faune après avoir remarqué que l'aile droite du fauconneau semblait un peu figée.

M. Jones m'a également indiqué qu'il était passé à cet endroit plusieurs fois dans la matinée avant 11h30 et qu'il n'avait rien remarqué, ce qui pourrait suggérer que le fauconneau était auparavant à une autre place.

Le fauconneau au bord du toit du garage (crédit photo: Adam Jones)
Un grand merci à M. Jones pour tout ce qu'il a fait, ainsi que pour ses informations!


Par ailleurs, M. Guy Vaillancourt m'a transmis de petites vidéos qu'il a enregistrées peu avant 14h:



Surveillé par un autre faucon!

J'ai décidé de rester avec le fauconneau jusqu'à la tombée du jour pour, au cas où il bougerait, savoir où il irait. Plusieurs passants étaient évidemment curieux au sujet de cet oiseau et me posaient des questions. À un certain moment, l'une des personnes me demande: "Et ça, c'est un de ses parents?". "Hein, où ca?" que je réponds! Il a pointé un oiseau sur le fait du toit d'une maison, juste en face,  de l'autre côté de la rue. C'était effectivement un faucon mais un faucon émerillon, pas un faucon pèlerin.

Faucon émerillon surveillant le jeune faucon pèlerin

Je ne savais pas trop si c'était une bonne nouvelle ou non pour le jeune faucon pèlerin. L'émerillon pouvait considéré que le jeune pèlerin était sur son territoire et tenter de le chasser. À 20h35 quand j'ai quitté, les 2 faucons étaient toujours là.



Fauconneau toujours là le lendemain matin

Quand je suis arrivé à 6h20, le fauconneau était à la même place où je l'avais laissé la veille. Le faucon émerillon, lui, n'était plus là. Perché sur une poulie de corde à linge, le fauconneau consacrait son temps à faire sa toilette et à observer avec attention tout ce qui l'entourait (voir vidéo ci-dessous). À 7h30, sous une bonne averse, il a battu énergiquement des ailes comme s'il se préparait à partir. À 8h30, il a escaladé le poteau pour se percher tout en haut; M. Robert a pu prendre quelques photos de ce moment, voyez son album (voir aussi la vidéo ci-dessous).


Vers 8h45 Richard Dupuis et Christian Fritschi m'ont relayé. Richard Dupuis a publié sur la page Facebook des Faucons de l'UdeM une longue vidéo de ses observations (la vidéo dure environ 20 minutes; signalons qu'il est possible de la visionner en accéléré en réglant un paramètre de Youtube).


4 août peu après midi: retour à la maison

Entre 12h et 12h30, Christian Fritschi et Richard Dupuis ont pu voir le fauconneau s'envoler et rejoindre l'Incinérateur des Carrières où il a été chaleureusement accueilli par sa mère. D'après Christian Fritschi le retour s'est fait en 2 étapes: le fauconneau a d'abord rejoint le toit d'un condominium de l'autre côté de la rue St-Grégoire. Puis de là il a effectué un autre vol au-dessus des voies ferrées qui l'a ramené à l'Incinérateur. Il a par la suite reçu plusieurs repas de son père, comme le montre cette vidéo de Richard Dupuis.



Nouvelles de l'autre fauconneau

Rappelons que l'autre fauconneau était tombé du nid le 28 juillet. Il avait été amené à la Clinique des Oiseaux de Proie pour une possible blessure à une patte, puis vraisemblablement transféré au centre de réhabilitation de l'UQROP. Peu de nouvelles précises ont émergé sur son état de santé et son futur. Le 2 août, Christian Fritschi écrivait, en légende de ses photos, "Le premier est entre bonnes mains à Chouette à Voir avec une famille d'adoption. Il sera relâché prochainement". Deux jours plus tard, Richard Dupuis répondait ceci à une question posée sur la page Facebook des Faucons de l'UdeM: "Il se porte bien on aura plus de détails d'ici 2 semaines". Le docteur Guy Fitzgerald, directeur de l'UQROP, était en vacances quand je l'ai contacté pour avoir plus d'informations.

vendredi 29 juillet 2016

Un fauconneau tombe du nid à l'Incinérateur des Carrières

Un fauconneau a été retrouvé au sol hier matin par des employés près du nid de faucon pèlerin de l'Incinérateur des Carrières. Le fauconneau ne semblait pas trop sérieusement blessé - il a même passé une partie de son temps à explorer son nouvel environnement - mais sa démarche laissait craindre une blessure à une patte. Il a donc été acheminé en fin de matinée à la Clinique des Oiseaux de Proie de l'Université de Montréal pour examens. Pour plus d'informations sur ces faucons, voir mon plus récent article ou l'annonce de la présence de 2 fauconneaux. La chute du fauconneau intervient au 33ième jour, soit 6 jours avant le début de la période où pourraient se produire les premiers vols.

Remerciements
Plusieurs personnes ont contribué - et contribuent encore - à ce que la mésaventure du fauconneau connaisse le meilleur dénouement possible. Je tiens à les remercier tous dès le début de cet article:
  • Les employés de l'Incinérateur des Carrières qui ont remarqué le fauconneau, qui l'ont surveillé et qui l'ont signalé aux agents de la faune. Au mieux, mon intervention a peut-être contribué à accélérer les choses mais ils ont fait exactement ce qu'il fallait faire. Un grand merci à eux!
  • Richard Dupuis et Eve Belisle qui ont trouvé mon message à leur réveil, fait les démarches téléphoniques nécessaires, capturé le fauconneau pour finalement le conduire à la Clinique des Oiseaux de Proie située à Sainte-Hyacinthe!
  • La Clinique des Oiseaux de Proie, et plus généralement l'UQROP, qui est le meilleur endroit au Québec - peut-être même au Canada - où un fauconneau blessé peut se trouver. Comme l'indique cette page, la Clinique des Oiseaux de Proie n'est financée que partiellement par l'Université de Montréal. Et l'aspect réhabilitation est entièrement à la charge de l'UQROP (= Union Québécoise pour la Réhabilitation des Oiseaux de Proie), qui ne reçoit aucun financement récurrent des paliers gouvernementaux. Si vous en avez la possibilité, vous pouvez aider de différentes manières (membership, don, adoption d'un oiseau, bénévolat, visite du site Chouette à Voir, ...) (plus de détails dans l'onglet "À propos de nous", sous-onglet "Comment nous aider" dans la page principale de l'UQROP).
  • Les agents de la faune, la ville de Montréal et toute autre personne qui a joué un rôle dans cette opération. 




Découverte du fauconneau

Lorsque j'arrive à l'Incinérateur des Carrières, la première chose que je fais c'est d'examiner l'entrée ouest du nid pour tenter d'y voir les fauconneaux; la deuxième c'est d'examiner les cheminées à la recherche des adultes.

Je suis arrivé hier à l'Incinérateur des Carrières vers 7h35. Aucun fauconneau n'était visible à l'entrée ouest du nid mais un adulte était visible sur la cheminée ouest. Et alarmait. Ce qui n'est pas exceptionnel ces temps-ci. A priori je ne voyais pas la cause de l'alarme. Il y avait bien quelques employés à proximité des cheminées, mais là encore, rien d'exceptionnel. Puis tout d'un coup j'ai vu un employé pointer quelque chose au sol à l'intention d'un collègue puis montrer la cheminée Est dans la direction du nid. J'ai immédiatement compris et je les ai rejoint.

Effectivement un fauconneau se trouvait au sol, plus ou moins du côté de l'entrée ouest du nid.
1ère photo, prise à 7h46

Un employé m'a dit qu'ils avaient contacté les agents de la faune (en réalité ils n'avaient pas encore réussi à les joindre, mais cela fut fait plus tard). J'ai indiqué que j'allais avertir de mon côté des personnes qui pourraient possiblement intervenir, en l'occurrence Richard Dupuis et Eve Belisle de Faucons de l'UdeM, et j'ai demandé si je pouvais rester avec le fauconneau en attendant qu'il soit pris en charge, ce qui a été accepté. Il s'est avéré que les choses étaient un peu plus compliquées que je ne le pensais puisque ce type d'intervention relève en principe d'un service de la ville. Après une série de coups de fil effectués par Richard Dupuis, Eve Belisle et lui ont finalement pu capturer le fauconneau peu après 11h et l'ont acheminé à l'UQROP.

Que s'est-il passé?

Mes contacts avec les employés de l'Incinérateur étaient entièrement orientés vers ce qui allait se passer maintenant (i.e., la prise en charge du fauconneau), ce qui fait que j'ai complètement oublié de demander dans quelle circonstance et quand le fauconneau avait été découvert. La découverte remontait sans doute déjà à plusieurs minutes quand je suis arrivé, puisqu'une superviseuse était sur place.

À ma connaissance, aucune observation des faucons n'a été faite la veille (la dernière fois que j'avais vu les 2 fauconneaux au nid était le 26 juillet en fin d'après-midi, lors de ma dernière visite), le fauconneau pourrait donc en théorie avoir passé jusqu'à une trentaine d'heures au sol. Je serais étonné cependant que le fauconneau ait passé la nuit au sol puisqu'il aurait probablement fait de mauvaises rencontres, dont il aurait sans doute gardé des traces. La chute a plus probablement eu lieu tôt le matin-même.

Les fauconneaux commencent de plus en plus à battre vigoureusement des ailes. Et bien qu'ils soient juste 2 et que le nid comporte 2 issues, ils ont tendance à se trouver à la même place (ce qui est bien pratique pour l'observateur qui veut s'assurer qu'il y a toujours 2 fauconneaux!). Une première possibilité est donc que le fauconneau ait chuté après avoir reçu un coup d'aile de l'autre.

Mais le fauconneau a très bien pu chuter tout seul. Dans cette vidéo publiée par Faucons de l'UdeM et datant du 24 juillet, on assiste à 2 quasi-chutes à 2'28 et 4'22, lorsque le fauconneau, de dos par rapport à l'extrémité de la corniche, place une patte dans le vide...

3h30 avec le fauconneau

Entre 7h40, moment où j'ai rejoint le fauconneau et 11h10, moment où Eve Belisle l'a capturé, j'ai donc passé 3h30 avec le fauconneau. Mes objectifs étaient multiples: garder un œil sur les déplacements du fauconneau (c'aurait été un peu stupide que la personne chargée de l'attraper arrive et qu'il soit introuvable!), m'assurer qu'il ne quitte pas les environs des cheminées pour éviter tout risque d'accident avec les véhicules qui circulaient par intermittence un peu plus loin, le préserver de toute rencontre avec un chat ou autre animal potentiellement dangereux pour lui, et bien sur l'observer. Le tout en lui laissant le plus d'espace possible pour ne pas le stresser inutilement.

La vidéo ci-dessous montre quelques moments du fauconneau.


Comme on peut le voir, le fauconneau a passé une partie de son temps à explorer son environnement. On remarque aussi sa démarche non naturelle.

Puis quelque part vers 10h, le fauconneau s'est allongé à plat ventre sur le sol, tout en demeurant cependant attentif à son environnement. C'est la première fois que je voyais un fauconneau au sol se placer dans une position aussi vulnérable. Il est resté ainsi jusqu'à ce qu'il soit stimulé par l'arrivée de Richard Dupuis.
Fauconneau à plat ventre sur le sol

Pendant les 3h30, la femelle était perchée à proximité sur une des cheminées. À 10h12, les cris de la femelle ont attiré mon attention sur l'arrivée du mâle sur la passerelle supérieure de la cheminée ouest. J'imagine qu'elle l'a "briefé" sur la situation! À aucun moment il n'y a eu de cris d'alarme pendant les 3h30. Pourtant je suis persuadé que si un chat s'était avancé, il y aurait eu une réaction. Se pourrait-il que la femelle ait senti que nous ne représentions pas de danger?

Du fauconneau qui était encore au nid, j'ai surtout entendu des cris, avant de le voir brièvement à 10h57.

D'autres photos sont visibles dans mon album Facebook.


Autres observations

Observations de fin de journée

Je suis revenu en début de soirée pour m'assurer que le fauconneau restant était toujours au nid. Quand je suis arrivé à 18h55, il braillait tellement que j'avais de la misère à croire qu'il n'y avait plus que 1 fauconneau!  Ses 2 parents étaient présents à proximité.

Le fauconneau s'est fait proposer un repas à 20h18 mais il ne semble pas avoir mangé beaucoup. La femelle est repartie avec la proie 5 minutes plus tard (voir la vidéo ci-dessous), et est allée se percher tout en haut de la cheminée Est où elle a commencé à alarmer.

Après le coucher du soleil, à 20h39 la femelle a rejoint le nid par l'entrée ouest. Pour en ressortir aussitôt et après un court vol entrer au nid par le côté Est! À nouveau elle est immédiatement ressortie mais cette fois elle est retournée sur son perchoir de la passerelle située sous la passerelle à mi-hauteur de la cheminée Ouest. Elle est retournée au nid 5 minutes plus tard. Cette fois elle a tenu pendant 6 minutes avant de retourner sur son perchoir de la cheminée ouest à 20h51. Elle y était toujours quand j'ai quitté à 21h06. Une pensée m'a alors traversé l'esprit: peut-être que le fauconneau restant était si insupportable que l'autre a préféré sauter! ;-)



Observations du 29 juillet 2016

J'y suis également retourné tôt ce matin. Pas de mauvaise surprise: le fauconneau restant était toujours au nid à 7h.

En revanche il y a de nouveau eu une longue et bruyante alarme de la part de la femelle. Cette fois j'étais bien placé pour voir l'intérieur de la cour de l'Incinérateur. Je m'attendais à y voir un chat au pied des cheminées mais je n'ai rien vu. La femelle a alors foncé vers les voies ferrées en continuant d'alarmer avant de revenir se poser sur une des cheminées. D'après une observatrice qui se trouvait sur la piste cyclable, il y avait un chat sur la voie ferrée à ce moment-là... Je suis un peu étonné que la femelle fasse tout ce cirque pour un chat qui se trouve relativement loin du nid. À moins qu'elle croit que le fauconneau qui a chuté hier est toujours quelque part au sol ? En tout cas les voies ferrées seront à surveiller lors de la prochaine alarme.
 

lundi 18 juillet 2016

Les fauconneaux de l'Incinérateur des Carrières: résumé de la semaine 3

Les 2 fauconneaux de l'Incinérateur des Carrières sont entrés hier dans leur 4ième semaine. Cet article couvre la période du 14 au 18 juillet, c'est-à-dire essentiellement la semaine 3. Il fait suite à cet article qui couvre les 2 premières semaines.

Première apparition des fauconneaux

Le grand évènement de cette 3ième semaine est sans aucun doute la première apparition des fauconneaux au bord de l'entrée ouest du nid jeudi 14 juillet. Je republie ci-dessous la vidéo que j'avais publiée à cette occasion:


Jusqu'à ce moment l'existence de fauconneaux était basée sur des observations indirectes, à savoir le transport de nourriture au nid par un des parents, suivi généralement quelques minutes plus tard du transport hors du nid des restants. Et évidemment on n'avait aucune indication sur leur nombre. Cette première apparition a été très nette: les 2 fauconneaux se sont avancés d'emblée ensemble à l'extrémité de la corniche.
   

Un papa volage

Un développement inattendu a été annoncé il y a quelques jours sur la page Facebook de Faucons de l'UdeM: depuis quelques jours - depuis le 14 juillet au moins - Éole, le père des fauconneaux de l'Incinérateur, rencontre quasi-quotidiennement le faucon pèlerin femelle Spirit à l'Université de Montréal!

Voici la chronologie de ces rencontres d'après les archives-photos de la caméra de Faucons de l'UdeM et la page Facebook de Faucons de l'UdeM.

Ces visites sont moins surprenantes si on considère qu'Éole a été très près d'avoir des fauconneaux à 2 endroits différents, à l'Université de Montréal avec Spirit et à l'Incinérateur des Carrières avec sa compagne actuelle, cette année ainsi que l'année dernière (pour 2015, compte tenu de la capacité de la femelle à stocker les spermatozoïdes, on ne peut pas totalement exclure qu'il ait réussi l'exploit). Plus tôt cette année les 4 œufs pondus à l'Université de Montréal par Spirit étaient indiscutablement d'Éole mais ils n'ont pas éclos puisqu'ils ont été trop longtemps délaissés par les 2 parents qui devaient se défendre contre des attaques d'autres faucons pèlerins.

Éole est également associé à la disparition de 2 faucons pèlerins mâles à l'Université de Montréal sans que l'on sache toutefois s'il a joué un rôle actif dans ces disparition: Roger, le compagnon de longue date de Spirit à l'automne 2014, et Arthurin à l'automne 2015. Les présences d'Éole à l'Université de Montréal ces derniers jours pouvaient laisser craindre que le mâle actuel de l'Université de Montréal avait lui aussi disparu. Mais il n'en est rien puisque Bret a fait une apparition devant la caméra de l'université de Montréal le 17 juillet, comme indiqué plus haut. Bret réussira-t-il à se maintenir à l'Université de Montréal? Une histoire à suivre...

Visite d'un drone

Un drone a survolé pendant quelques minutes la piste cyclable et les cheminées de l'Incinérateur  ce dimanche 17 juillet aux alentours de 18h, m'a signalé M. Robert. Le drone était piloté depuis l'autre côté des voies ferrées par un couple. M. Robert a informé ces personnes de la présence de faucons pèlerins sur les cheminées et leur a demandé d'éloigner le drone, ce qui a été fait. Un drone pourrait sérieusement blesser les faucons pèlerins adultes si ceux-ci décidaient de l'attaquer pour défendre le nid; et dans quelques semaines, lorsque les fauconneaux auront commencé à voler, les risques d'accident seront encore plus élevés puisque les jeunes sont moins conscients des risques. Espérons donc que cet incident restera isolé.

Les dernières nouvelles

Ce matin à 5h49, alors que les 2 fauconneaux étaient visibles à l'entrée ouest du nid, un faucon pèlerin adulte a attaqué quelque chose au sol en criant. Le fait que le faucon criait suggère une défense de territoire plutôt qu'une recherche de nourriture. Je n'ai pas pu voir quelle était la cible mais il pourrait s'agir d'un des chats (ou d'un gros rat?) qui fréquente l'incinérateur. Des manœuvres similaires avaient été observées l'an dernier à l'église Saint-Marc contre un chat qui avait pris l'habitude de faire sa sieste au pied du nid!

Un repas a suivi une dizaine de minutes plus tard, comme le montre la vidéo suivante. À noter à la fin de la vidéo l'entreposage des restants sur le mur de l'incinérateur au coin sud-ouest.


Les 2 adultes étaient présents jusqu'à 8h57; après ce moment et jusqu'à mon départ à 10h15 il ne semblait rester que la femelle. Rappelons qu'Éole a été vu à l'Université de Montréal à 9h45. À 10h07 la femelle s'est mise à fortement alarmer, sans que je puisse déterminer la cause.

En après-midi, M. Robert a pu prendre cette photo d'un des fauconneaux qui montre que les plumes de vol sont en train de faire leur apparition.
Apparition des plumes de vol (crédit photo: Gérard Robert)

J'en profite pour réitérer une fois de plus mes remerciements à M. Robert et à sa femme pour leurs observations, les photos et vidéos qu'ils me font parvenir et la permission de les partager.


dimanche 17 juillet 2016

Un faucon pèlerin au CUSM et une dispute impliquant 3 faucons bagués à l'Échangeur Turcot

Le 7 juillet, le corps sans vie d'une jeune femelle faucon pèlerin a été trouvé à l'Échangeur Turcot, alors qu'on est sans nouvelle du jeune mâle depuis le 18 juin, voir mon dernier article. Même si les 3 fauconneaux nés cette année à l'Échangeur Turcot sont très vraisemblablement morts, j'ai quand même voulu jeter un coup d’œil sur place. Sans surprise ma visite de ce 17 juillet n'a pas permis de trouver de fauconneau mais j'ai quand même pu faire quelques observations intéressantes.

Une première visite à l'Échangeur Turcot

L'an dernier lorsqu'on avait perdu la trace d'Amazone, la jeune femelle, c'est en partie l'observation des déplacements des adultes qui avaient permis de la retrouver dans le parc Georges-Saint-Pierre.
J'étais donc curieux de voir où les adultes iraient aujourd'hui.  Et en fait, à 2 reprises entre 14h et 15h45, un faucon pèlerin est parti dans cette direction. Cela m'a conforté dans mon intention de visiter le secteur du métro Vendôme qui avait été fréquenté par les juvéniles l'an dernier.

Une courte visite infructueuse au parc Georges-Saint-Pierre

J'ai passé une demi-heure dans ce parc Georges-Saint-Pierre, en prêtant une attention particulière au sommet des projecteurs qui étaient fréquentés l'an dernier par Amazone. Je n'ai rien vu et je n'ai pas insisté davantage compte tenu de la faible probabilité qu'un des fauconneaux de cette année était encore vivant.

Un adulte au CUSM

L'an dernier, après avoir fréquenté le parc Georges-Saint-Pierre, Amazone s'était déplacé vers le CUSM où elle avait été rejoint par Achille, qui venait d'être relâché après avoir été soigné à l'UQROP. C'était l'autre place que je voulais visiter. Une demi-heure à cet endroit a produit le même résultat qu'au parc Georges-Saint-Pierre, c'est-à-dire rien. Mais alors que j'attendais dans le bus 37 que celui-ci me ramène à l'Échangeur Turcot, j'ai aperçu ce qui semblait être un faucon pèlerin en vol au-dessus du CUSM! Je suis descendu précipitamment mais il avait disparu. Heureusement en faisant le tour de l'hôpital je l'ai retrouvé perché sur un toit:


Sur la photo ci-dessous, prise lorsque le faucon s'est envolé à 18h33, on peut voir que la patte la plus à gauche est baguée. Cette patte semble être la patte droite du faucon, ce qui suggère qu'il s'agit de Polly.


Le faucon est retourné à l'Échangeur Turcot. À aucun moment il n'a interagi avec un autre faucon. Que faisait-il là? Vérifiait-il si un de ses fauconneaux n'était pas réapparu? Il s'agissait peut-être tout simplement d'une tournée de routine de son territoire, pour par exemple localiser des proies potentielles ou pour s'assurer qu'aucun faucon étranger n'était présent. Le CUSM est en effet un des points les plus élevés du secteur.

 

Retour à l'Échangeur Turcot; dispute entre 3 faucons bagués

J'étais de retour à l'Échangeur Turcot à 18h55. Polly s'est posée une minute plus tard sur le pilier opposé à celui du nid. Elle a ensuite visité brièvement le nid avant de revenir sur le pilier d'en face. Puis à 19h05 elle a rejoint Algo sur la canalisation du pilier de la rue St-Patrick.

Presque immédiatement on a entendu un faucon pèlerin (ou peut-être les deux) alarmer. La cause? Une crécerelle d'Amérique qui harcelait le couple. Étrangement les cris d'alarme se sont transformés en vives vocalisations intra-spécifiques. Vous pouvez entendre ces cris ici. Soit ces vocalisations étaient une discussion entre les 2 faucons pèlerins mais dans ce cas c'était une intense discussion, soit les vocalisations s'adressaient à la crécerelle malgré qu'il s'agissait d'une espèce différente.

Après avoir importuné pendant quelques instants les 2 faucons pèlerins, la crécerelle d'Amérique s'est perchée sur l'ancienne usine transformée en loft, ce qui m'a permis de la photographier. Et de m'apercevoir qu'elle était baguée... Une bague gris métallique à la patte droite et une bague rougeâtre à la patte gauche. Impossible cependant de lire les éventuelles inscriptions sur ces bagues.

La crécerelle d'Amérique baguée qui a importuné les faucons pèlerins

La crécerelle a quitté à 19h11 en direction du canal. Il est possible qu'elle se soit perchée sur un arbre.

Quand j'ai quitté à 19h49, il ne restait plus qu'Algo sur la canalisation. Polly avait quitté en direction sud à 19h20.



samedi 16 juillet 2016

Décès d'Acacia, la jeune faucon pèlerin de l'Échangeur Turcot

Le 7 juillet le corps sans vie d'un faucon pèlerin juvénile a été trouvé non loin du nid de faucon pèlerin de l'Échangeur Turcot. Il s'agit malheureusement très vraisemblablement d'Acacia, qui avait quitté le nid de l'Échangeur Turcot le 19 juin.

Acacia, photographié par C. Fritschi le 3 juillet (crédit photo: C. Fritschi)

Après avoir rappelé les faits, je remets cette mort en perspective: la première année de vie est certes la plus périlleuse pour les faucons pèlerins mais une proportion non négligeable des fauconneaux bagués à l'Université de Montréal réussit à franchir ce cap difficile. Je reviens ensuite sur Acacia avec une synthèse des observations faites après le 27 juin.

Les faits

Le 7 juillet, des employés de KPH-Turcot ont trouvé le corps sans vie d'un faucon pèlerin juvénile sur le chantier du nouvel échangeur Turcot. La découverte a été signalée aux biologistes de SEF, qui surveillaient cette année les premiers vols des jeunes faucons pèlerins nés sous l'échangeur. Le lendemain matin Christian Fritschi a récupéré la carcasse et l'a amenée à la Clinique des Oiseaux de Proie à Sainte-Hyacinthe pour qu'une nécropsie puisse être effectuée, voir l'annonce de Christian Fritschi sur son site (je remercie Christian pour les informations supplémentaires sur les circonstances de la découverte d'Acacia, ainsi que pour son autorisation de publier sa dernière photo). La Clinique des Oiseaux de Proie, qui est financée en partie seulement par l'Université de Montréal, est une pièce maitresse de l'UQROP (= Union Québécoise de Réhabilitation des Oiseaux de Proie).

L'examen confirme qu'il s'agit d'un fauconneau femelle né cette année. À ce moment de l'année les fauconneaux sont encore dépendants des adultes et ne s'éloignent donc pas beaucoup du nid. Comme aucun autre nid n'est connu à proximité, il faut donc conclure qu'il s'agit d'Acacia. D'ailleurs celle-ci n'a plus été revue depuis.

Les causes de la mort n'ont pu être déterminées avec exactitude, en partie à cause de la rapide dégradation du corps due à la chaleur et à l'humidité. D'après le docteur Fitzgerald (propos rapportés par Faucons de l'UdeM, complétés par des informations supplémentaires reçues par courriel) aucune fracture n'a été détectée mais un traumatisme crânien sans fracture décelable ne peut être exclu. Merci à lui pour avoir bien voulu répondre à mes questions.

Concrètement il pourrait s'agir d'une collision, soit avec la structure de l'Échangeur, ou peut-être plus vraisemblablement (puisque Acacia n'était plus une débutante) une collision avec un véhicule circulant sur l'Échangeur.


Aucune nouvelle de Monroe

L'annonce de la mort d'Acacia s'ajoute à la disparition inquiétante de son frère, Monroe. Ce fauconneau n'a en effet plus été revu depuis le 18 juin, soit le lendemain de son premier vol. Certes, Acacia, en s'envolant le 19 juin, a certainement focalisé l'attention des observateurs et des photographes sur elle, même si quelques efforts ont été faits parallèlement pour localiser Monroe. Cela pourrait contribuer à expliquer que Monroe n'a plus été revu pendant quelques jours. Mais il faut tenir compte ici d'une particularité du comportement des faucons pèlerins (et probablement d'autres oiseaux): les faucons pèlerins sont très sociables à ce stade de leur vie. Monroe aurait logiquement du rejoindre Acacia à un moment ou à un autre pour jouer avec elle, auquel cas il aurait été vu par ceux et celles qui observaient Acacia.

Les chances que Monroe soit encore en vie sont plutôt faibles. Au mieux, s'il n'a pas été victime d'un accident, il a pu partir tout droit et s'éloigner suffisamment du nid pour ne plus savoir comment revenir. Dans ce cas il est peu probable que ses parents l'aient localisé et nourri puisqu'ils l'auraient probablement ramené à la maison. Comme Monroe ne savait pas encore chasser, sa seule chance aurait donc été de croiser d'autres faucons pèlerins nicheurs et d'être adopté par eux. Un tel comportement a déjà été documenté dans le grand Nord Canadien où la densité de nid est plus élevée, mais les chances que cela se passe à Montréal sont probablement très faibles. Pour finir, j'ajoute que comme Monroe est bagué, s'il avait été recueilli blessé mais vivant à quelque part, l'information aurait été transmise aux biologistes de SEF, qui auraient certainement partagé la nouvelle.

La nichée de cette année comportait 3 fauconneaux. Un des fauconneaux était mort au nid aux alentours du 4 juin; le 2ième a disparu le 18 juin et le 3ième à été trouvé mort le 7 juillet. On peut donc malheureusement craindre que tous les fauconneaux nés cette année à l'Échangeur Turcot sont décédés. 

Mise en perspective

La première année, une année difficile

Bien que le taux de mortalité lors de la première année de vie d'un faucon pèlerin est difficile à évaluer avec précision, il est clair que cette première année est un cap difficile à passer. Les jeunes faucons pèlerins peuvent mourir de maladies (parfois avant-même leur premier vol), être victimes d'accidents (par exemple collision avec des fenêtres ou des véhicules), être capturé par un prédateur tel que le grand-duc d'Amérique, mourir de faim faute d'avoir appris convenablement à chasser, voire même s'auto-emprisonner comme ce fut le cas à l'Échangeur Turcot l'an dernier (le fauconneau dans ce cas a heureusement pu être secouru).

Dans sa fiche sur le faucon pèlerin, le ministère Québecois des Forêts, de la Faune et des Parcs indique que le taux de mortalité lors de la première année "peut être de 50 à 75 %". Ce taux passerait à 20% pour chacune des années suivantes. Ces chiffres sont également cités dans le Rapport sur la situation du faucon pèlerin au Québec (David Bird, 1997) et semblent provenir du livre The Peregrine Falcon (Ratcliffe, 1993).

Situation à Montréal

À Montréal il y a déjà eu plusieurs cas de fauconneaux morts de maladie avant leur premier vol (dont le plus récent a eu lieu à l'Échangeur Turcot, voir plus haut) mais je n'ai connaissance d'aucun décès de fauconneau dans les semaines qui ont suivi son premier vol, à part évidemment celui d'Acacia. Ceci ne signifie évidemment pas qu'il n'y a pas déjà eu de mortalité: les cadavres peuvent ne jamais être retrouvés; ou s'ils sont retrouvés l'information n'est pas nécessairement connue des gens qui comme moi ou Faucons de l'UdeM suivent les faucons pèlerins à Montréal, particulièrement si le fauconneau n'est pas bagué.

Taux remarquable de survie chez les faucons pèlerins nés à l'Université de Montréal

Cependant les observations des faucons pèlerins nés à l'Université de Montréal montrent que ceux-ci ne réussissent pas trop mal à passer le seuil de la première année. Les fauconneaux nés sur la tour de l'Université de Montréal sont systématiquement bagués - et avec une bague relativement facile à lire de loin - depuis 2009. À l'occasion, un de ces faucons pèlerins tombe dans l'objectif d'une caméra ou les jumelles d'un observateur, ce qui permet d'affirmer que cet individu-là a survécu à sa première année. A priori les chances sont faibles de pouvoir ainsi confirmer la survie d'un faucon pèlerin (il faut en effet d'abord que le photographe ou l'observateur soit à la bonne place au bon moment, puis que la bague soit lisible). Mais malgré cette difficulté, il a été possible de prouver que plusieurs faucons pèlerins nés à l'Université de Montréal ont survécu à leur première année et que certains sont même devenus adultes.

Voici, par année de naissance, le nombre de fauconneaux de l'Université de Montréal qui ont été revus après leur première année d'existence (pour plus d'informations, voir sur le site de Faucons de l'UdeM: la généalogie, le blogue, la page Facebook).
Bien entendu, plus la naissance d'un fauconneau est récente, moins on a eu le temps de le repérer, ce qui pourrait expliquer qu'aucun fauconneau né en 2014 ou 2015 n'a pour l'instant été revu. Mais il n'est pas exclu que le nombre de fauconneaux revus ira en diminuant puisque avec l'augmentation de la population de faucon pèlerin, les faucons devront possiblement trouver des territoires plus éloignés où ils seront plus difficilement repérables.

Acacia après sa première semaine de vol   

Dans un article précédent, je tentais de faire la synthèse des observations d'Acacia pour la période allant du 19 juin (date où elle a quitté le nid) au 27 juin. Cette section couvre la période du 28 juin au 7 juillet.

29 et 30 juin: la routine

Daniel Toro propose une série de photos prises en début de soirée le 29 juin. On y voit Acacia en vol, ou perché sur un pylône.

Le 30 juin c'était au tour de Christian Fritschi d'aller observer Acacia. À peine arrivé, il a pu voir Algo livrer un repas à sa fille sur le toit d'un bâtiment le long du Canal Lachine. Acacia s'est ensuite envolée sur un vieux pylône où elle s'est fait harcelé par des étourneaux et des carouges. Voici ses photos et son récit pour cette journée.

2 juillet: transfert de proie en vol!

Daniel Toro et Robert Lussier ont apparemment tous les deux photographié la même scène: Polly est en vol avec un pigeon entre ses serres et Acacia tente de s'en emparer. Polly finit par lâcher la proie et Acacia réussit à l'attraper avant qu'elle ne touche le sol. Deux superbes séries de photos à voir absolument! Voici les photos de Daniel Toro et celles de Robert Lussier (pour voir les photos suivantes, utiliser la flèche de droite).

3 juillet: dernière photo

La dernière photo d'Acacia vivante est apparemment celle de Christian Fritschi.

vendredi 15 juillet 2016

2 fauconneaux à l'Incinérateur des Carrières!

Deux fauconneaux de faucon pèlerin ont pu être observés pour la première fois hier matin à l'Incinérateur des Carrières.

Un des 2 fauconneaux

C'est à la fois une surprise et quelque chose qui était anticipée depuis quelques jours.

Anticipée parce que des signes indirects de présence de fauconneau(x) étaient observés depuis plus de 2 semaines.

Une surprise parce que ce couple de faucon pèlerin a repoussé encore une fois le moment des naissances de leurs fauconneaux. Avec des naissances estimées au 26 juin, c'est en effet plus de 3 semaines plus tard que l'an dernier lorsque ce couple avait donné naissance à 4 fauconneaux à l'église Saint-Marc autour du 3 juin. Cette nidification de 2015 était alors déjà considérée comme tardive puisque les fauconneaux naissent généralement dans la première quinzaine de mai. Or clairement les conditions d'élevage des jeunes ne sont pas les mêmes en mai qu'en juillet, on n'a qu'à penser à la température élevée de ces derniers jours avec les risques de déshydratation que cela comporte...

Les observations

Les 2 fauconneaux

J'ai remarqué un premier fauconneau vers 8h30. En examinant chez moi la vidéo enregistrée à cette occasion j'ai eu l'agréable surprise de constater la présence d'un 2ième fauconneau! La vidéo ci-dessous contient également une séquence filmée vers 10h45 où l'on voit les 2 fauconneaux quelques minutes avant l'arrivée d'un repas.




Un nourrissage

Vers 10h35 la femelle qui surveillait les fauconneaux depuis la cheminée Ouest est partie préparer un repas sur la passerelle circulaire à mi-hauteur de la cheminée Est. Le nourrissage a commencé à 10h49. L'averse qui a commencé au même moment m'a empêché de filmer la totalité du repas mais dans les extraits suivants on distingue quand même pour la première fois un des fauconneaux en train d'être nourri.



Et maintenant?

La première question à se poser est: combien sont-ils? Comme indiqué plus haut, 2 fauconneaux est déjà un nombre remarquable compte tenu du défi auquel les faucons sont confrontés. D'un autre côté il faudrait avoir été bien chanceux pour que la première observation d'un fauconneau les montre tous, explorant le bord de la corniche. En effet bien que les fauconneaux tendent à naitre à peu près au même moment, il n'est pas rare qu'il y ait un fauconneau qui est un peu moins dégourdi que les autres et qui reste en retrait pendant quelques temps. À l'église Saint-Marc l'an dernier le 4ième fauconneau avait ainsi été découvert plus de 2 semaines après les 3 autres. Cet exemple est probablement très particulier mais illustre qu'on n'est pas à l'abri d'une autre surprise.

Les fauconneaux devraient continuer à venir examiner régulièrement le monde extérieur depuis le bord d'une des corniches pendant près de 3 semaines, pendant qu'ils grandiront et que leurs plumes de vol pousseront. Pour avoir une idée des transformations physiques des fauconneaux au cours des jours à venir, je vous invite à visiter ce lien de Faucons de l'UdeM qui illustre l'évolution des fauconneaux de l'Université de Montréal grâce à des photos prises par une caméra installée dans le nichoir. Les fauconneaux de l'Incinérateur sont présentement âgés de 20 jours.

Les premiers vols pourraient intervenir à partir du 39ième jour (plus précisément le guide Paquin-Caron des oiseaux du Québec et des Maritimes évoque la fenêtre 39-46 jours pour le premier vol d'un jeune mâle et 41-49 jours pour une jeune femelle). En supposant que j'ai estimé correctement la date de naissance des fauconneaux, le 39ième jour tombe le 3 août.


Renouvellement de ma demande à ceux qui grimpent illégalement sur l'Incinérateur

L'apparition d'un nouveau graffiti sur la cheminée Est près du nid de corbeau - donc proche du nid de faucon pèlerin - ce 11 juillet m'oblige à répéter la demande que j'avais faite le 29 mars: ne vous approchez pas du nid de faucon, qui est situé sur la façade de l'incinérateur donnant sur la piste cyclable.

Nouveau graffiti proche du nid de faucon sur la cheminée Est

Il est probablement inutile de rappeler que l'Incinérateur est une propriété de la ville qui n'est pas ouverte au public et qu'il est par conséquent interdit d'y pénétrer ou d'y grimper. Il est peut-être moins connu que le faucon pèlerin est une espèce protégée, tant au niveau fédéral que provincial (les agents de la faune ont d'ailleurs été avisés de la présence des 2 fauconneaux) et que tout dérangement d'un nid est puni par la loi.

Concrètement une présence humaine près du nid pourrait faire paniquer les fauconneaux et les amener à sauter de la corniche prématurément. Par ailleurs une personne qui s'approcherait du nid pourrait aussi être attaquée par les faucons pèlerins adultes cherchant à défendre leurs petits. Ceux dont la tâche est de baguer les fauconneaux en savent quelque chose, comme le montre cette spectaculaire vidéo captée lors d'un baguage en Ohio.

Si vous êtes témoin d'un dérangement du nid d'origine humaine à l'Incinérateur, le plus simple est d'appeler la police via le 911. Vous pouvez également faire un signalement à SOS Braconnage (numéro de téléphone: 1 800 463-2191).

Ma demande d'éviter les abords du nid pourrait être élargie à d'autres parties de l'Incinérateur dépendamment du comportement des faucons pèlerins adultes (cris d'alarme, vols d'intimidation), en particulier à l'approche des premiers vols.