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dimanche 16 avril 2017

Échangeur Turcot: 3 faucons pèlerins, 6 accouplements et un nid potentiel

Un 3ième faucon pèlerin a été vigoureusement pris en chasse par Algo sous les encouragements vocaux de Polly à l'Échangeur Turcot hier. Les 2 faucons pèlerins ont par ailleurs passé beaucoup de temps à s'accoupler, ce qui suggère que la ponte est imminente. Or justement les 2 faucons ont visité à plusieurs reprises un endroit sous la structure de l'Échangeur qui pourraient devenir leur nouveau nid.

Un 3ième faucon pèlerin qui n'était pas le bienvenu

La tradition est respectée: comme les années précédentes, un intrus(e) s'est invité(e) sur le site.

À 12h14 un faucon revient à l'Échangeur en provenance de la rue Notre-Dame. Il est suivi immédiatement par un autre. Les 2 faucons semblent voler ensemble et à ce moment là je crois avoir affaire à Algo et Polly (ce qui pourrait d'ailleurs suggérer que l'intrus était une femelle). Mais les choses évoluent. Un premier accrochage, suivi par plusieurs autres, indiquent une intrusion. J'en ai la confirmation formelle lorsque Polly vient se percher sur le toit de l'ancienne usine et se met à vocaliser alors que la poursuite est toujours en cours.

J'ai perdu de vue les protagonistes à 12h19.  Cependant en me rendant sur le pont, j'ai retrouvé l'un d'eux sur l'extrémité Muzo du pilier nord du canal à 12h21. Malheureusement il s'est envolé avant que je puisse le photographier.

À 12h28 Polly s'est envolée du toit et a pris de l'altitude. Je l'ai perdu de vue très haut au-dessus du Centre Gadbois à 12h33. Entre temps un autre faucon s'était posé sur le toit de l'ancienne usine. Celui-ci a disparu pendant que je surveillais Polly aux jumelles. 2 faucons sont revenus à 12h51 en vocalisant fortement. Un accouplement a suivi moins d'une minute après.

Nombreux accouplements

Il y a de nombreux accouplements (6 en 4 heures), surtout  compte tenu que les faucons semblaient absents du site une partie du temps. Les accouplements se sont partagés en 2 vagues, avec un espacement  d'une dizaine de minutes entre chaque accouplement.

Le 1er accouplement a eu lieu à 10h07 sur le toit de l'ancienne usine. 2 autres accouplements ont suivi à 10h17 et 10h32 au même endroit, Polly n'ayant pas bougé. Entre les accouplements Algo tentaient de se poser sur les corniches obstruées mais il semble aussi être allé à l'endroit qui pourrait devenir leur nid (voir plus bas). Polly a quitté le toit de l'ancienne usine à 10h41.

Le 4ième accouplement a eu lieu après le retour des faucons suivant l'intrusion, à 12h52, sur l'extrémité Muzo du pilier nord du canal.  Il a été suivi d'un autre accouplement à 13h18 sur le bloc central du même pilier. Finalement le 6ième accouplement a eu lieu à  13h28 sur le toit de l'ancienne usine. Je peux confirmer qu'Algo a passé l'essentiel du temps entre le 5ième et le 6ième accouplement dans le nid potentiel (voir section suivante).

Nid potentiel

Depuis plusieurs semaines - essentiellement depuis que les corniches ont été obstruées - les faucons visitent régulièrement le dessous du tablier de l'Échangeur, entre 2 piliers. On conçoit facilement que ces endroits puissent être utilisés comme garde-manger mais la largeur des poutres semblait trop petite pour accueillir des œufs sans que ceux-ci ne risquent de tomber. Ce n'est qu'hier que j'ai compris comment ils pourraient nicher à ce type d'endroit.

Le nid potentiel est situé au-dessus de la voie de circulation ouest-est de la rue Saint-Patrick. Les 2 photos ci-dessous y montrent Polly vers 10h30 après une bruyante rencontre avec Algo.  

Polly au nid potentiel



Polly au nid potentiel

Algo y a passé  8 minutes entre les 2 accouplements de 13h18 et 13h28. La vidéo ci-dessous montre son arrivée au nid potentiel puis son départ 8 minutes plus tard.


Aucun relai n'a été observé mais comme les faucons pèlerins commencent à couver généralement seulement à partir du 3ième œuf il n'est pas exclu que l'endroit contienne déjà un œuf. La relative longue présence du mâle pourrait aller dans ce sens. D'un autre côté - comme on le voit d'ailleurs en partie dans la vidéo - Algo a tenté à de multiples reprises de se rendre dans des corniches obstruées. Doit-on en conclure que le premier choix des faucons est de nicher dans une corniche s'ils arrivent à résoudre à temps le problème de l'obstruction et que l'endroit au-dessus de la rue St-Patrick est une sorte de plan B ? Ce scénario supposerait évidemment que la ponte n'avait pas encore commencé hier. Une chose est sure: à en juger par le nombre d'accouplements observés hier et leur fréquence, si la ponte n'avait pas encore commencé, cela ne devrait pas tarder.

À supposer que les faucons pèlerins choisissent cet endroit, se posera la question de savoir s'ils seront autorisés à nicher là. Rappelons que les corniches ont été obstruées dans le but de décourager les faucons de nicher sur la structure de l'Échangeur à cause des travaux qui s'y déroulent et d'utiliser plutôt l'un des nichoirs installés à leur intention. La décision d'intervenir ou non que devront prendre les autorités dépendra sans doute des travaux qui sont prévus à cet endroit dans les prochains mois. Mais en choisissant cet emplacement, les faucons soulèvent aussi une question de sécurité: il faudra en effet évaluer si la structure est suffisamment solide pour soutenir le poids de 2 adultes et de 3 à 4 fauconneaux. La sécurité des automobilistes qui circulent en-dessous sera sans nul doute prioritaire.



  


mardi 11 avril 2017

Passage de rapaces et poursuite des accouplements à l'Université de Montréal

C'est maintenant une certitude: Spirit battra son record de ponte la plus tardive à l'Université de Montréal, si toutefois bien sur elle pond cette année. C'est dans ce contexte de ponte qui ne se produisait pas que je suis allé observer à l'Université de Montréal samedi après-midi 8 avril. Il y avait beaucoup d'actions et j'ai cru pendant un moment que les faucons - et plus particulièrement Spirit - faisaient face à des intrusions d'autre(s) faucon(s) pèlerin(s), ce qui aurait pu expliquer le retard dans la ponte. Cependant une autre visite dimanche matin ne m'a pas permis de confirmer cette impression. Il semble plutôt que l'activité de samedi après-midi s'expliquait par des passages de rapaces qui profitaient des forts vents pour migrer. Mes observations de ce week-end m'ont également permis de constater qu'Éole assurait une présence correcte (sans plus) à l'université et que les accouplements se poursuivaient.

Le couple de faucon pèlerin, 9 avril 2017


Passage de rapaces et possible intrusion de faucon pèlerin

Réapparition des urubus

Au moins 2 urubus sont de retour et planaient autour de l'Université de Montréal mais ils ne semblaient pas déranger les faucons pèlerins.

Urubu à tête rouge, 9 avril 2017

3 faucons pèlerins vers 14h?

Je suis arrivé à 13h30 à l'Université de Montréal le samedi 8 avril. Le premier incident a eu lieu peu après 14h. Ce n'est pas un incident clair, dans la mesure où je n'ai pas vu 3 faucons simultanément ni entendu de cris qui accompagnent souvent (mais pas toujours) une intrusion. Les 2 faucons étaient au nichoir et on entendait une discussion. À 14h08, je vois un faucon en vol qui venait apparemment juste de quitter le nichoir. Mais en levant la tête j'en vois un 2ième au-dessus de moi... Or j'étais persuadé qu'il restait un faucon au nichoir. Comme la caméra du nichoir semblait en panne j'ai décidé de surveiller le nichoir pour tenter d'y vérifier la présence d'un faucon mais j'ai eu le temps de voir un faucon s'éloigner vers Polytechnique (l'intrus a possiblement très vite disparu au-dessus du toit du bâtiment contre lequel j'étais adossé). Et effectivement il y avait bien un faucon au nichoir, ce qui suggère la présence de 3 faucons. Cependant il est apparu par la suite qu'il y avait des passages de rapaces autres que des faucons pèlerins, et même à cause des forts vents, des débris de toute sorte qui volaient. Comme je n'ai vu l'intrus potentiel que très peu de temps, un doute subsiste sur sa nature. Par ailleurs je ne peux pas totalement exclure qu'un faucon soit revenu au nichoir avant que je décide de le surveiller pour y confirmer la présence d'un 3ième faucon. Bref, c'est une scène que j'aurais bien aimé revoir! Si intrusion il y a eu, mon impression est que c'était Spirit qui est intervenue à en juger par la taille du premier faucon que j'ai vu en vol. À part les discussions au nichoir, il n'y a eu aucun cri. 2 faucons étaient rapidement de nouveau présents et il y a eu beaucoup de vols dans les minutes qui ont suivi, incluant en direction de Polytechnique. À 14h23 Éole a apporté une proie au nichoir et un accouplement a suivi 4 minutes plus tard. À nouveau beaucoup de mouvements des faucons par après, dont certains à haute altitude.

Passage d'une buse pattue à 15h43

À 15h43 j'ai réussi à photographier le passage d'un buse pattue. L'oiseau se déplaçait approximativement d'ouest vers l'est, pas très haut et assez rapidement.
Buse pattue
Le faucon qui était perché à l'entrée du nichoir n'a pas réagi même si la buse est pratiquement passé au-dessus de lui. Comme la buse pattue niche dans l'arctique, la seule occasion de l'observer dans la région de Montréal est lorsqu'elle migre. Étonnamment, même si c'est un oiseau relativement difficile à observer à Montréal, c'est la 2ième fois que j'en observe une passer au-dessus de l'université de Montréal. La dernière fois, c'était le 5 novembre 2016.
 
Ce lundi 10 avril, 2 groupes  d'ornithologues qui surveillaient spécifiquement la migration de rapaces près de l'université de Montréal ont signalé le passage de 2 buses pattues (premier rapport eBird; 2ième rapport eBird), ainsi que plusieurs autres espèces de rapace.


Début de cri d'alarme et passage d'un autre oiseau de proie

Ces 2 incidents se sont produits à moins de 8 minutes d'écart et sont donc possiblement liés.
À 16h34 le faucon au nichoir émet brièvement ce qui ressemble à un cri d'alarme alors qu'un faucon pèlerin est en vol entre la tour et le cimetière. Un faucon venant de cette direction rejoint le nichoir moins de 30 secondes plus tard.
2 minutes plus tard un des faucons quitte le nichoir et se perche sur le bâtiment pyramidal.
Quelques instants plus tard je remarque un oiseau de proie assez haut dans le ciel qui suit à peu près la même direction que la buse pattue de tantôt. Le faucon du nichoir s'envole alors dans sa direction. Comme l'intrus est assez haut j'échoue à le relocaliser, mais quelques instants plus tard (16h41) je remarque un oiseau qui descend très rapidement du ciel... Mais cette fois-ci c'est le faucon que j'ai perdu de vue! Je vois ensuite un oiseau s'éloigner vers Polytechnique.
De retour devant mon ordinateur j'ai regardé ce que la caméra avait enregistré à ce moment. Si je suis remonté au bon moment, c'est Spirit qui est intervenue. On la voit qui semble remarquer quelque chose puis après quelques secondes d'hésitation elle s'envole du nichoir.
Une possibilité est que Spirit a pris de l'altitude pour inspecter l'intrus et que c'est elle que j'ai vu redescendre rapidement.  L'autre faucon (présumément Éole) n'a pas quitté le bâtiment pyramidal pendant toute cette action.

Forts tsioups par un faucon perché sur l'antenne de la tour

Le dimanche matin (entre 8h15 et 12h30) était beaucoup plus calme. L'incident le plus notable s'est produit à 10h26 lorsque Spirit est arrivée du cimetière et s'est perchée sur l'antenne de la tour en émettant de forts tsioups. Le faucon qui était alors à l'entrée du nichoir s'est envolé et est allé se percher au milieu de la façade Polytechnique, qu'il a quitté peu après. Les tsioups ont continué pendant plusieurs minutes et Spirit regardait en dessous d'elle. Les cris et l'endroit où Spirit s'est perchée pouvait suggérer une intrusion mais je n'ai remarqué d'anormal. 


Poursuite des accouplements et présence du mâle

J'ai pu observer plusieurs accouplements. À chaque fois le mâle quittait le secteur aussitôt après, souvent en direction de l'École Polytechnique, mais je n'avais pas à attendre très longtemps (45 minutes environ) avant de revoir 2 faucons pèlerins.

Le samedi après-midi j'ai noté un seul accouplement, à 14h27 sur le toit du nichoir. Le mâle a immédiatement quitté le secteur et la femelle l'a imité 10 minutes plus tard. 2 faucons étaient de retour à 15h12.

Le lendemain dimanche, Richard Dupuis a filmé un accouplement  peu avant 7h à droite du nichoir avec la caméra du nichoir.

À 8h32, le mâle apporte une proie à Spirit qui se trouve alors dans le nichoir.

Un autre accouplement a eu lieu à 9h13 sur la tour, un niveau au-dessus du nichoir. Le mâle a immédiatement quitté en direction de l'École Polytechnique. À 10h07, la femelle rejoint le nichoir, commence à vocaliser et quelques secondes après le mâle réapparait de la direction de l'École Polytechnique.

L'accouplement suivant a lieu à 11h au même endroit. Le mâle file vers l'École Polytechnique aussitôt après. À 11h51 la femelle rejoint le nichoir et se met à vocaliser. Un faucon arrive quelques instants plus tard de la direction de l'École Polytechnique. Ce qui ressemble à un tour de passe-passe a alors eu lieu: le faucon arrivant passe à l'avant de la tour - donc devient caché pour moi - et malgré ma vigilance je ne le vois pas réapparaitre. Mais quelques instants plus tard un faucon venant de la direction opposée (i.e, de la direction du cimetière) se pose au nichoir. Le faucon avait plusieurs possibilités de déjouer ma surveillance, par exemple en volant bas ou en faisant une boucle suffisamment grande.


Des retards dans les pontes

Jusqu'à cette année Spirit avait toujours pondu avant le 10 avril lorsqu'elle nichait à l'Université de Montréal (elle a pondu plus tard lorsqu'elle et Roger ont tenté de nicher à l'Oratoire Saint-Joseph en 2012), parfois aussi tôt que le 23 mars. C'est en 2015 qu'elle avait pondu le plus tardivement, dans la nuit du 9 au 10 avril, 3 jours après qu'Éole ait quitté l'Université de Montréal. Cette nidification avait résulté en 3 solides femelles et avait été la dernière nidification réussie puisque comme on le sait, celle de 2016 a échoué. Dans cet article j'évoquais l'hypothèse que les évènements de 2016 étaient liés au comportement d'Éole qui a possiblement attaqué un mâle qui s'intéressait de trop près à Eve, sa seconde femelle. Se pourrait-il que Spirit attende qu'Éole se lasse et l'abandonne au profit d'Eve? En tout cas, si Spirit continue à tarder à pondre, c'est bien ce qui pourrait se passer...

Il est intéressant de noter que l'Université de Montréal n'est pas le seul site au Canada à enregistrer un retard dans la ponte cette année. À Montréal, les faucons pèlerins qui nichent à l'Échangeur Turcot sont également en retard (aucun signe qu'ils avaient commencé à couver lors de ma dernière visite le 7 avril) , quoique la situation de ces faucons est particulière puisqu'ils ne peuvent plus utiliser leur nid de l'an dernier et doivent donc d'abord se trouver un autre endroit. Mais d'autres couples de faucons pèlerins, en Ontario cette fois, sont également en retard (les informations suivantes sont tirés du site BCAW).
  • Etobicoke: le premier œuf a été pondu une semaine plus tard que l'an dernier.
  • Hamilton: comme la caméra ne permet pas de voir les œufs à ce site, il est difficile d'estimer avec précision quand la ponte a commencé. Cependant en 2016 les responsables avaient estimé au 20 mars la ponte du premier œuf (éclosion le 29 avril 2016). En 2017, l'annonce d'un premier œuf probable vient d'être faite seulement ce matin, avec une estimation pour une ponte le 8 ou le 9 avril. Il s'agirait de plus de 2 semaines de retard.
  • Toronto (Sheraton): premier œuf le 26 mars en 2016; le 4 avril en 2017
  • Toronto (Don Mills): les données ne sont pas disponibles pour 2016 mais en 2015 le premier œuf avait été pondu le 24 mars; en 2017,  le 7 avril.
  • Kitchener: premier œuf le 22 mars 2016; aucune nouvelle pour 2017.
Seuls les faucons pèlerins de Mississauga semblent se démarquer en pondant nettement plus tôt que l'an dernier: en 2016 les dates de ponte ne sont pas connues mais les 2 premiers fauconneaux étaient nés le 27 avril. Cette année le premier œuf a été pondu le 9 mars. 



    
 




 
  











   


dimanche 26 mars 2017

Accouplement de faucon pèlerin à l'église Saint-Jean-Baptiste!

J'ai observé un accouplement de faucon pèlerin après le coucher du soleil jeudi 23 mars à l'église Saint-Jean-Baptiste. Bien que cette église est connue pour être fréquentée par un couple de faucon pèlerin, cette observation est une surprise pour des raisons que j'évoquerai plus bas. Parallèlement le nombre d'accouplements à l'Université de Montréal semble avoir diminué (aucun accouplement observé en 4 heures samedi après-midi).  Je décris les différentes observations que j'ai faites depuis le 23 mars et je termine avec une discussion de ce qu'elles pourraient signifier.

Rappelons d'abord que cette église est fréquentée en hiver par la femelle Eve, et qu'elle reçoit à l'occasion des visites de son mâle, Éole. Éole est un faucon pèlerin bigame puisqu'il a également une femelle à l'Université de Montréal, Spirit (qui est aussi sa mère...). Plusieurs accouplements entre Éole et Spirit ont été observés la semaine dernière à l'Université de Montréal.

Accouplement du 23 mars à l'église Saint-Jean-Baptiste

Lors de mon observation du 18 mars, j'avais observé qu'Éole avait quitté l'Université de Montréal peu après 18h, soit bien avant le coucher du soleil. Était-ce pour visiter Eve ? Bien que quelques courtes visites récentes  à l'église Saint-Jean-Baptiste en fin de journée m'avaient laissé sur l'impression qu'Éole avait cessé ses visites à l'église Saint-Jean-Baptiste, j'ai décidé de retenter ma chance.

Quand je suis arrivé à l'église Saint-Jean-Baptiste à 18h46, aucun faucon ne semblait présent. À 19h06 j'ai pris le bus 29 qui passe devant l'hôpital Hôtel-Dieu pour examiner l'antenne où j'avais vu récemment un faucon: aucun faucon n'y était visible. Ce bus a le grand avantage d'effectuer une boucle qui l'amène à repasser devant l'église Saint-Jean-Baptiste quelques minutes plus tard. J'étais de retour à l'église Saint-Jean-Baptiste à 19h18, mon absence n'avait donc duré que 13 minutes. J'ai tout de suite remarqué un faucon (Eve) qui vocalisait fortement sur le flanc droit de l'église. Je n'ai aperçu l'autre faucon que lorsqu'il s'est envolé de l'église. Il est revenu vers l'église, s'est accouplé avec Eve et a quitté le secteur. L'accouplement est survenu 6 minutes après le coucher du soleil. À 19h23 Eve est allée se placer à son endroit favori pour dormir.

Observation matinale à l'église Saint-Jean-Baptiste le 24 mars

Comme Éole semblait visiter aussi Eve à l'aube il y a quelques semaines, j'étais curieux de voir ce qui se passerait tôt le matin. J'étais sur place à 5h50 ce vendredi 24 mars. Eve était à l'endroit où je l'avais laissé la veille. À 6h35 elle a brusquement décollé et s'est éloignée dans l'axe de la rue Drolet. Je m'attendais à ce qu'elle revienne se poser à un autre endroit sur l'église mais elle n'est pas revenue. Cette direction est celle que les faucons prennent pour aller vers l’Hôtel-Dieu: Eve est-elle allée rejoindre Éole chez lui?

À 6h46 j'ai profité du bus 29 pour jeter un coup d’œil à l'Hôtel-Dieu mais je n'ai rien vu sur l'antenne ni sur les toits que je pouvais voir depuis le bus (l'antenne de l'Hôtel-Dieu n'est vraisemblablement qu'une étape entre l'endroit utilisé par Éole pour dormir et l'église Saint-Jean-Baptiste mais je n'avais rien à perdre). À mon retour à l'église Saint-Jean-Baptiste à 6h58, aucun faucon n'y était visible. J'ai quitté à 7h27.

Un autre passage à l'église Saint-Jean-Baptiste à 9h  après être allé jeter un coup d’œil du côté de l'incinérateur des Carrières n'a rien donné non plus.

En fin d'après-midi il neigeait fortement,je n'y suis donc pas retourné.

2 faucons présents en fin d'après-midi le 25 mars à l'église Saint-Jean-Baptiste

Lorsque je suis arrivé à l'église Saint-Jean-Baptiste à 18h48, Eve somnolait sur la croix d'un clocher, bien en évidence. À 18h59 elle semble se réveiller brusquement, vocalise et se précipite vers le flanc droit de l'église. Quelques secondes plus tard un autre faucon la rejoint. Je n'étais pas en mesure de voir le flanc droit à ce moment-là mais je n'ai pas entendu de cris d'accouplement. J'ai plutôt retrouvé les 2 faucons sur une corniche, voir la vidéo ci-dessous.


Il est possible qu'Éole ait offert une proie à Eve mais si c'est le cas elle n'avait pas faim. Sauf erreur, l'endroit où est allée Eve ensuite était l'endroit où a eu lieu l'accouplement le 23 mars. Le mâle - que l'on voit quitter dans la vidéo - n'est plus revenu. Eve a rejoint son perchoir de nuit à 19h18.

Observations à l'Université de Montréal le 25 mars

J'ignore si le mâle observé à l'église Saint-Jean-Baptiste les 23 et 25 mars était Éole mais c'est une hypothèse vraisemblable. Il était donc intéressant de voir ce qui se passait à l'Université de Montréal. De 14h à 18h le 25 mars je n'ai observé aucun accouplement. Cela ne veut pas dire qu'il n'y en a pas eu puisque je ne peux évidemment pas surveiller les 4 faces de la tour simultanément, mais ce chiffre contraste avec le chiffre de 3 accouplements (+ un 4ième probable) observés le samedi précédent.

À 14h, Spirit était perchée sur le bâtiment pyramidal. Je n'ai pas réussi à localiser le mâle et je n'ai entendu aucun cri qui pouvait suggérer qu'il était présent. Spirit s'est envolée à 14h38 en direction des hôpitaux Sainte-Justine et juif.

J'ai du attendre jusqu'à 15h55 pour revoir un faucon en vol qui a semblé se rendre au nichoir. Un coup d’œil sur la caméra du nichoir via mon iPhone montre en effet que les 2 faucons sont au nichoir. C'est le premier signe de la présence d'Éole. Éole reste au nichoir (il ira ensuite se percher sur le bras de la caméra) pendant que Spirit s'installe sur le bâtiment pyramidal pour manger la proie probablement offerte par Éole. Spirit s'envole avec le restant de la proie à 16h21  en direction des résidences. Je l'ai perdu presque immédiatement de vue donc je ne peux pas exclure un demi-tour vers l'université. Cependant je la revois passer dans l'autre sens à 16h24. Elle traverse l'université au-dessus de l'ancienne chapelle et rejoint le nichoir d'après la caméra. Éole est toujours sur le bras de la caméra.

Spirit reste dans le nichoir pendant plus de 1h, Éole toujours perché sur le bras de la caméra. Elle s'envole à 17h28 et va se percher sur la tour au coin des façades "André-Eisenstadt" et "Avant".  Les 2 faucons sont toujours à la même place lorsque j'arrête l'observation à 18h. Cependant, au moment de repasser à l'avant de l'Université pour prendre le métro je constate que les faucons ont bougé. À 18h06 d'après la caméra, les 2 faucons se rencontrent brièvement au nichoir. Toujours d'après la caméra Spirit reste seule au nichoir, c'est donc Éole que je vois perché sur la tour au coin des façades "Avant" et "Polytechnique" à 18h07.


Discussions

L'observation d'un accouplement à l'église Saint-Jean-Baptiste a été une surprise pour moi pour 2 raisons:
  • Les accouplements se font généralement à proximité du lieu choisi pour nicher. Or cette église est considérée comme un endroit d'hivernage. Les 2 dernières années, Eve a niché à l'église Saint-Marc (en 2015) et à l'Incinérateur des Carrières (en 2016). Ces 2 endroits sont situés respectivement à 3.5kms et à 1.9kms. 
  • Eve est une femelle qui niche tardivement. L'an passé par exemple ses premiers accouplements ont été observés début mai. Un accouplement en mars est donc une surprise.
Une  autre fonction des accouplements - outre la reproduction - serait de consolider le couple. De tels accouplements peuvent être occasionnellement observés pendant toute l'année. Il s'agira donc de voir dans les prochains jours si l'accouplement du 23 mars était isolé ou si au contraire d'autres accouplements se produiront en fin de soirée à l'église Saint-Jean-Baptiste. On peut aussi se demander si des accouplements ont aussi lieu dans la journée; pour cela évidemment il faudrait découvrir où Eve passe ses journées.

Une autre question est si des accouplements avaient déjà eu lieu l'an passé à l'église Saint-Jean-Baptiste à cette même période ou si c'est une nouveauté de cette année. Cet emplacement avait été dévoilé le 1er avril par Richard Dupuis.  D'après eBird, sa dernière observation de 2 faucons pèlerins remontait au 3 mars et il s'agissait d'une observation de jour (13h à 15h30). À ce moment-là  les accouplements liés à la reproduction n'avaient peut-être pas encore commencé. De mon côté, j'ai observé à cette église à partir du 2 avril, principalement en fin de journée, et j'ai pu constater qu'un faucon y dormait.  Le 5 avril, cependant j'ai pu y voir 2 faucons mais pas d'accouplement (à noter que le 5 avril, Spirit avait déjà pondu plusieurs œufs). Voir cet article pour plus de détails sur les observations à cette église jusqu'au 5 avril 2016.

Il est difficile de tirer une conclusion de l'absence d'observation d'accouplement à l'Université de Montréal samedi après-midi: j'ai pu manquer des accouplements ou bien je suis peut-être tombé sur une période creuse. D'autres observations devront être faites pour avoir une idée plus claire de ce qui se passe.

Pour mémoire les 2 dernières saisons à l'Université de Montréal ont été complètement différentes.








mercredi 22 mars 2017

Accouplements et nuits au nichoir pour Spirit à l'Université de Montréal

Après l'Échangeur Turcot, c'est à l'Université de Montréal que des accouplements de faucon pèlerin ont été observés. 

Le 17 mars, 2 accouplements différents ont en effet été observés sur ce site, l'un par Richard Dupuis via la caméra du nichoir, l'autre par moi-même depuis le sol. Le lendemain j'ai compté 3 accouplements entre 13h45 et le coucher du soleil, avec une forte possibilité pour un 4ième. Parallèlement Spirit (la femelle) a commencé à dormir de façon intermittente au nichoir.

Les accouplements du 17 mars

Le 17 mars à 11h13, Richard Dupuis a publié sur la page Facebook de Faucons de l'UdeM une vidéo d'un accouplement capté par la caméra du nichoir. L'accouplement a été filmé de près par la caméra et les images sont spectaculaires (pour ceux qui ne veulent pas voir la vidéo au complet, l'accouplement - très bref - est à la toute fin de la vidéo). D'après les images d'archive de la caméra, cet accouplement a eu lieu entre 9h43 et 10h13.

Quand je suis arrivé à 11h24 à l'Université de Montréal (sans avoir vu la publication de Richard Dupuis), la première chose que j'ai remarquée, c'est qu'un faucon pèlerin était perché sur ce que j'appelle le "bâtiment pyramidal". Or ce perchoir est principalement utilisé pour les accouplements. Je suis passé à l'arrière de l'université et j'ai scruté la tour pour tenter de repérer l'autre faucon. En vain. Puis tout d'un coup une flèche est partie de la tour, j'ai eu juste le temps de démarrer ma caméra. Cet accouplement est survenu à 11h29.



Il est important de noter que les accouplements avaient sans doute déjà commencé plusieurs jours avant. Ma précédente tentative d'observer des accouplements à cet endroit remontait au 11 mars mais le froid intense combiné à l'apparente absence du mâle m'avait fait abandonner après 1 heure, une durée bien trop courte pour conclure qu'il n'y avait pas encore d'accouplement.

Mes observations du 18 mars

Contrairement aux 2 accouplements mentionnés précédemment qui avaient eu lieu le matin, tous les accouplements de cet après-midi du 18 mars se sont passés à l'avant de l'université, donc hors de portée de la caméra du nichoir.

Quand je suis arrivé à 13h45 à l'Université de Montréal, Spirit était de nouveau perchée sur le bâtiment pyramidal, alors que le mâle était perché sur une "corniche-prison" de la tour (c'est un endroit où aboutissent les fauconneaux pas sages ou maladroits et dont il est difficile de s'échapper lorsqu'on ne sait pas encore voler...). Le mâle a décollé à 14h08. J'ai démarré la caméra, pensant voir un accouplement, mais il a disparu. À 14h18 Spirit s'envole à son tour et rejoint le nichoir d'après la caméra du nichoir.

Je décide de passer à l'arrière de l'université. D'après la caméra, Spirit est au nichoir de 14h20 à 14h25. À 14h25 je vois un faucon qui vole autour de la tour et on entend des appels. Une minute plus tard un 2ième faucon arrive du cimetière et se pose au nichoir. D'après la caméra ce serait Éole. Le faucon qui était en vol - présumément Spirit - finit par ne pas réapparaitre, ce qui suggère qu'elle s'est posée sur la façade qui donne vers le pavillon André-Eisenstadt ou  sur la façade avant.

Accouplement à 14h32?

À 14h32, Éole quitte le nichoir et semble se poser sur la façade André-Eisenstadt de la tour. Je bouge le plus rapidement possible pour voir cette façade. Je vois un faucon la quitter puis je m’aperçois qu'un faucon est perché au coin de cette façade avec la façade avant, présumément Spirit. Si ce 2ième faucon était bien Spirit, Éole est resté sur cette façade juste le temps d'un accouplement, accouplement que malheureusement je ne pouvais pas voir d'où j'étais. Les 2 faucons restent à l'avant de l'université jusqu'à 15h26 puis quittent à 1 minute d'intervalle. De 15h28 à 15h37 un faucon est au nichoir d'après la caméra, apparemment il s'agit d'Éole.

Accouplement de 15h38

Spirit était revenue sur la façade avant sans que je m'en rende compte puisqu'à 15h38 il y a eu accouplement sur un nouveau projecteur de cette façade.
Spirit après l'accouplement de 15h38

Accouplement à 16h16

À 16h12 le mâle quitte la façade avant de la tour où il s'était perché après l'accouplement et se rend au nichoir. Au retour, il s'accouple à nouveau sur le projecteur.

Le mâle quitte peu après et revient se percher sur la tour au-dessus de la femelle à 16h36.  À 16h54, c'est la femelle qui part en direction du boulevard Edouard-Montpetit. Le mâle disparait à son tour.

Accouplement à 18h08

Après avoir fait le tour de la tour, je retrouve un faucon sur le coin des façades André-Eisenstadt et avant à 17h31. Celui-ci s'envole à 17h43. La caméra du nichoir montre que les 2 faucons se sont rencontrés au nichoir à 17h44. Éole revient se percher presque aussitôt sur un projecteur de la façade avant, voisin de celui où ont eu lieu les 2 accouplements précédents. À 17h58, Spirit quitte le nichoir et vient se percher sur la tour au-dessus d'Éole. Comme j'avais alors confondu Éole et Spirit, c'est à un autre accouplement sur un projecteur que je m'attendais. J'ai compris mon erreur quand celui que j'avais pris pour la femelle s'est envolé. Heureusement que son vol d'approche était suffisamment long pour me permettre de filmer malgré tout cet accouplement, qui s'est produit à 18h08.


Je n'ai plus revu le mâle après cet accouplement. Spirit de son côté n'a quitté son perchoir qu'au coucher du soleil.


Des nuits au nichoir

Outre les accouplements, un signe que la ponte approche est lorsque Spirit commence à dormir au nichoir. Spirit a commencé à passer quelques nuits au nichoir mais elle ne dort pas encore au nichoir de façon régulière.

Spirit a commencé à dormir au nichoir dès le 15 mars, dans des conditions hivernales comme le montre la photo suivante prise par la caméra du nichoir. Sa silhouette reste (parfois difficilement) visible durant toute la nuit.

Spirit au nichoir, 15 mars à 21h (crédit: Eve Belisle, http://ornithologie.ca/faucons/)

Elle a également passé la nuit suivante au nichoir, mais apparemment pas celle du 17 mars.

Le 18 mars j'étais présent au coucher du soleil à l'Université de Montréal. À ma grande surprise elle est partie vers l'Oratoire Saint-Joseph. Pensant qu'elle allait manger puis qu'elle reviendrait sur la tour, je suis resté un moment sur place à guetter son retour. Finalement je suis allé à l'Oratoire où je l'ai trouvé sur un de ses perchoirs favoris.

Spirit à l'Oratoire Saint-Joseph, 18 mars 2017 à 20h
J'ai interprété ce choix de Spirit comme un sérieux retour en arrière. En effet dans le passé il semblait que Spirit procédait par étapes: en hiver elle dort souvent à l'Oratoire; puis à l'approche de la nidification elle commence à dormir sur la tour de l'université mais à l'extérieur du nichoir; et finalement elle dort dans le nichoir.

Heureusement cela n'a pas été long avant que Spirit recommence à dormir au nichoir puisqu'elle y a passé la nuit du 20 au 21 mars. Cependant Spirit n'a de nouveau pas dormi au nichoir cette nuit.


Conclusion

L'an dernier, la première mention de Spirit passant la nuit au nichoir avait été faite le 20 mars. Spirit avait alors pondu son premier œuf dans la nuit du 31 mars au 1er avril. Malheureusement aucun des 4 œufs n'avait éclos du à une guerre avec un autre couple de faucons pèlerins.

Spirit avait pondu son premier œuf un 23 mars en 2011 et il avait fallu attendre jusqu'au 10 avril en 2015.  Quand Spirit pondra-t-elle son premier œuf cette année? À suivre...



dimanche 12 mars 2017

Un (parfois 2) faucon pèlerin à l'Hôtel-Dieu de Montréal

En janvier et en février j'ai pu observer à plusieurs reprises un faucon pèlerin perché sur l'antenne principale de l'hôpital Hôtel-Dieu de Montréal en fin de journée. Ce faucon est probablement Éole, dont la présence régulière a été documentée à l'église Saint-Jean-Baptiste pendant cette période. À une reprise, le 22 février, j'ai même pu observer 2 faucons pèlerins sur cette antenne. Malgré plusieurs tentatives d'observation les jours suivants, je n'ai plus réussi à revoir de faucon pèlerin  depuis cette date.

Tel qu'indiqué plus haut, ces observations sont clairement reliées à celles de faucons pèlerins à l'église Saint-Jean-Baptiste. Je commencerai donc à évoquer ces observations et à expliquer comment elles m'ont amené à l’Hôtel-Dieu. Par la suite je rendrai compte des observations à l’Hôtel-Dieu.


Éole et Eve à l'église Saint-Jean-Baptiste

Pour une deuxième année de suite, les faucons pèlerins Eve et Éole fréquentent l'église Saint-Jean-Baptiste, voir cet article.

Éole est né à l'Université de Montréal en 2011 et s'est manifestement donné comme objectif d'avoir des bébés simultanément avec 2 femelles à 2 nids différents! Ces 2 nids sont ceux de l'Université de Montréal et de l'incinérateur des Carrières/église Saint-Marc. Jusqu'à présent il a seulement réussi à avoir des petits sur le deuxième site (4 en 2015, 2 en 2016); cependant il aurait probablement réussi à en avoir aussi à l'Université de Montréal l'an dernier si les attaques répétées d'un autre couple de faucon pèlerin n'avaient pas fait échouer la nidification. Ses 2 femelles sont Spirit à l'Université de Montréal (Spirit est aussi sa mère...) et Eve à l'Incinérateur des Carrières. Cette dernière est selon toute vraisemblance la femelle faucon pèlerin qui fréquente l'église Saint-Jean-Baptiste (contrairement à Éole, ce faucon n'est pas bagué).

Identification d'Éole à l'église Saint-Jean-Baptiste, 4 février 2017
Éole visitait Eve à plusieurs moments dans la journée, mais plus particulièrement en fin d'après-midi. Lorsqu'il quittait au coucher du soleil, il partait souvent dans l'axe de la rue Drolet en direction sud mais en observant plus attentivement j'ai remarqué qu'après quelques centaines de mètres il virait, vers le Mont-Royal. 

Le 20 janvier à 15h50, j'étais à l'église Saint-Jean-Baptiste. Aucun faucon n'était présent. À 16h20, un faucon pèlerin passe au-dessus de l'église en volant en ligne droite, en diagonale par rapport au réseau des rues. Comme il n'était pas de retour après quelques minutes, je décide de marcher dans la direction où il avait disparu. C'est comme cela que j'ai découvert un faucon pèlerin perché sur l'antenne principale de l'Hôtel-Dieu.

Avant de décrire mes observations à l’Hôtel-Dieu, un mot sur mes observations les plus récentes à l'église Saint-Jean-Baptiste. Eve fréquente toujours l'église Saint-Jean-Baptiste (dernière observation le 10 mars), en revanche ma dernière observation d'une visite d'Éole en fin de journée remonte au 17 février.

Un faucon pèlerin à l'Hôtel-Dieu de Montréal 

Le 20 janvier donc, après avoir observé un faucon pèlerin survoler l'église Saint-Jean-Baptiste et s'éloigner approximativement vers l’Hôtel-Dieu, je remarque un faucon pèlerin sur l'antenne principale de cet hôpital. Il était alors 16h30.

Faucon pèlerin sur l'antenne principale de l’Hôtel-Dieu, 20 janvier 2017

Le faucon s'est envolé à 17h (soit environ 15 minutes après le coucher du soleil). Je l'ai perdu immédiatement de vue derrière un bâtiment. Compte tenu de l'heure, il était alors envisageable que le faucon avait rejoint son perchoir de nuit quelque part à l’Hôtel-Dieu.

Le lendemain, le faucon est de nouveau sur l'antenne. Je me place de façon à pouvoir voir dans la direction où le faucon avait quitté la veille. À ma grande surprise, le faucon a traversé l'avenue des Pins et ne semblait pas prêt de s'arrêter!

Compte tenu de mon emploi de temps, ce n'est que le 29 janvier que je peux à nouveau tenter ma chance. Le faucon est arrivé vers 16h32, venant d'une direction compatible avec celle de l'église Saint-Jean-Baptiste. Je décide de me rendre de l'autre côté de l'avenue des Pins, sur la rue Basset. Le faucon a quitté l'antenne environ 25 minutes après le coucher du soleil et s'est éloigné quasi-perpendiculairement à l'avenue des Pins, très légèrement en direction de l'avenue du Parc.

Le 4 février, dans ce qui allait devenir ma dernière occasion de tenter de découvrir où le faucon s'en allait, j'ai remarqué à nouveau le léger biais dans sa direction de départ vers la rue Sainte-Famille. Il a dépassé la petite rue qui se trouve immédiatement au sud-est de l'avenue des Pins (la rue Basset, d'après Google Map).  

J'ai en revanche échoué à voir le faucon sur l'antenne le 3 février entre 16h45 et 17h30, ainsi que les 12, 14, 15, 17, 20 et 28 février.  En particulier le 17 février j'ai vu Éole quitter l'église Saint-Jean-Baptiste à 17h20 approximativement en direction de l’Hôtel-Dieu mais quand je suis arrivé à un endroit d'où je pouvais voir l'antenne de l'Hôtel-Dieu 10 minutes plus tard, le faucon n'y était pas. 3 rapides passages devant l'Hôtel-Dieu  les 3, 7 et 10 mars ne m'ont pas non plus permis de voir le faucon. En revanche le 22 février, j'ai pu observer 2 faucons sur l'antenne!


2 faucons pèlerins à l’Hôtel-Dieu le 22 février

Cette observation est de nouveau étroitement liée à une observation faite à l'église Saint-Jean-Baptiste. À 16h40 je remarque un faucon perché sur la croix d'un clocher de cette église. J'ignore si c'était Éole ou Eve, mais dans l'éventualité où c'était Éole, je m'empresse d'aller à l'Hôtel-Dieu.

À 17h10, un premier faucon pèlerin se pose tout en haut de l'antenne de l'Hôtel-Dieu. Mais surprise: il ne venait pas de la direction de l'église Saint-Jean-Baptiste mais plutôt du Parc Jeanne-Mance! Moins de 2 minutes plus tard, un 2ième faucon pèlerin arrive, cette fois-ci d'une direction compatible avec l'église Saint-Jean-Baptiste, et se perche lui aussi sur l'antenne mais un peu plus bas.

2 faucons pèlerins sur l'antenne principale de l’Hôtel-Dieu, 22 février 2017
Le dernier arrivé a quitté le premier à 17h23. Malheureusement, à supposer que celui qui restait était Éole, je n'ai pas réussi à obtenir davantage d'information sur sa destination: j'ai constaté sa disparition à 17h26.

À 17h40, un faucon se trouvait à la base du toit de l'église Saint-Jean-Baptiste.

L'hypothèse que je privilégie est que c'était Eve qui était perchée sur la croix du clocher de l'église Saint-Jean-Baptiste à 16h40 et que le premier faucon à venir se percher sur l'antenne de l’Hôtel-Dieu était Éole. Eve l'aurait alors rejoint.

 

Conclusion et appel à témoignage

Si c'est bien Éole qui fréquentait l'antenne de l'Hôtel-Dieu - ce dont je suis persuadé - l’Hôtel-Dieu devient à ma connaissance l'endroit le plus au sud-est où sa présence aura été notée. Cet endroit sera certainement un jour battu étant donné que le faucon franchissait l'avenue des Pins. D'après Google Map, l'Hôtel-Dieu est situé à un peu plus de 3km de l'Université de Montréal, à environ 800 mètres de l'église Saint-Jean-Baptiste, à 2,60km de l'Incinérateur des Carrières et à un peu plus de 4kms de l'église Saint-Marc.On peut aussi noter que l’Hôtel-Dieu est situé à 1,25km du campus McGill où des observations d'un faucon pèlerin ont été rapportés le 10 et le 11 janvier; cette distance de 1,25km sera diminuée lorsqu'on découvrira où le faucon se rendait lorsqu'il quittait l’Hôtel-Dieu.

Compte tenu de l'heure à laquelle le faucon quittait l’Hôtel-Dieu, sa destination est probablement l'endroit où il passe la nuit. Découvrir cet endroit est intéressant à plusieurs titres: pour mieux connaitre les endroits utilisés par les faucons pèlerins pour dormir en ville, pour tenter de vérifier que le faucon est toujours vivant après qu'il ait disparu des endroits où on l'observe habituellement de jour, et finalement parce qu'Éole est un de mes suspects pour le fameux 'faucon pervers' de l'Université de Montréal. À noter que si ce perchoir de nuit est identifié et que sa divulgation pourrait occasionner un dérangement humain, l'endroit ne sera pas divulgué publiquement sur ce site tant qu'il sera utilisé. Ce genre de situation s'était déjà présenté avec un jeune faucon pèlerin qui utilisait pour dormir un perchoir sous la fenêtre d'une pièce utilisée par des humains, voir cet article.

Le fait que le faucon ne semble plus fréquenter l’antenne de l'Hôtel-Dieu aux heures habituelles pourrait suggérer que ce perchoir était utilisé en connexion avec ses visites à l'église Saint-Jean-Baptiste. Il serait logique que ces visites aient diminué ou aient cessé ces dernières semaines puisque Éole devrait en principe se concentrer sur sa nidification à l'Université de Montréal. L'an dernier, des accouplements avaient été observés là-bas à partir du 12 mars et le premier œuf avait été pondu le 29 mars. Il est possible aussi que des visites continuent à l'Hôtel-Dieu mais à d'autres moments. Dans tous les cas, il est très probable que le faucon utilisera à nouveau cette antenne un jour. Je lance donc un appel à témoignage:

Appel à témoignage: si vous apercevez le faucon pèlerin sur l'antenne de l’Hôtel-Dieu ou sur un autre perchoir à proximité, merci de m'en faire part. Vous pouvez m'envoyer un courriel, laisser un mot sur ma page Facebook, commenter cet article de blogue ou signaler votre observation sur eBird




 






















vendredi 3 mars 2017

Début des accouplements à l'Échangeur Turcot dans un contexte de grande incertitude

Les faucons pèlerins Algo et Polly ont commencé à s'accoupler à l'Échangeur Turcot alors que les différents endroits où ils pourraient nicher sur la structure de l'Échangeur ont été obstrués en raison des travaux de reconstruction/démolition de cet ouvrage.

Cet article est organisé de la façon suivante. Je commence par rappeler brièvement qui sont Algo et Polly, ainsi que le contexte des travaux majeurs de l'Échangeur Turcot qui les prive de leur endroit habituel où nicher. Je fais aussi état, dans cette première section, de solutions de remplacement qui ont été mis en œuvre par le consortium KPH Turcot en collaboration avec le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs pour faciliter la transition aux faucons pèlerins (installation de nichoirs à proximité). Une deuxième section est consacrée aux accouplements qui ont été observés ces derniers jours.  Finalement la dernière section est consacrée aux efforts des faucons pour trouver où nicher.


Algo, Polly et la reconstruction de l'Échangeur Turcot

Algo et Polly sont les 2 premiers faucons pèlerins à être nés dans le nichoir de l'Université de Montréal en 2009. Au printemps 2011, le frère et la sœur causaient la surprise en formant un couple à l'Échangeur Turcot. Un premier fauconneau est né l'année suivante, malheureusement décédé avant d'effectuer son premier vol. Le premier fauconneau à quitter le nid situé sur un des piliers qui bordent le canal Lachine est une jeune femelle nommée Samantha, en 2014. En 2015, 2 autres fauconneaux l'ont imité, puis 2 autres en 2016.

Parallèlement, début 2015, débutaient les travaux d'un ambitieux projet - confié au consortium KPH Turcot - visant à démolir l'échangeur Turcot et à simultanément le remplacer par un nouvel échangeur (pour plus d'informations, consultez le site officiel du projet ou encore cette description du projet). Comme plusieurs familles Montréalaises, les faucons pèlerins devaient déménager.

On pourrait penser qu'il suffirait de capturer les faucons et de les relâcher ailleurs. Mais c'aurait été courir le risque de les voir revenir; après tout certains faucons pèlerins parcourent des milliers de kms lors de leur migration! En outre, le faucon pèlerin étant une espèce protégée, il fallait trouver une solution la moins dérangeante possible.

La solution qui a manifestement été retenue - et que j'appuie sans réserve - consiste à obstruer les cavités où les faucons pèlerins pourraient nicher tout en installant à proximité des nichoirs susceptibles d'être utilisés par le couple. Les obstructions ont commencé dès l'automne 2015 du côté de la rue Saint-Patrick, avec comme effet un retour des faucons à leur nid du côté du canal en 2016. D'autres cavités et corniches ont été obstruées durant l'automne 2016. Cependant mon article de décembre où j’annonçais que les faucons avaient été expropriés était prématuré: de nombreux endroits leur étaient encore accessibles sur la structure jusqu'au moins au 13 janvier. À ma visite suivante le 24 février ces endroits avaient été obstrués.

Parallèlement, au moins 2 nichoirs ont été installés dans le secteur:
  • À l'ancien pensionnat Côte Saint-Paul, situé au 1734 rue de l'Église.
    La première mention de ce nichoir remonte au 8 août 2016 via une vidéo de Richard Dupuis qui montre les 2 faucons pèlerins perchés sur le clocher de l'église Saint-Paul, à quelques dizaines de mètres du nichoir. Cette publication Facebook d'octobre 2016 de l'ancien pensionnat Côte Saint-Paul mentionne clairement que le nichoir a été installé dans le cadre d'un partenariat avec  KPH Turcot. 

  • Sur la cheminée du Centre Gadbois.
    J'ai remarqué ce nichoir pour la première fois le 25 décembre 2016.

Il s'agit des 2 nichoirs dont j'ai connaissance au moment d'écrire cet article: il est tout à fait possible qu'il y en ait d'autres.


Début des accouplements

3 accouplements ont été observés entre le 24 et le 28 février par Robert Lussier et moi-même. À titre de comparaison, en 2013, un accouplement avait été observé le 22 février.

Vendredi 24 février 

Un accouplement a eu lieu sur l'ancien transformateur situé à l'arrière de Muzo peu avant midi. C'était la première fois que j'observais un accouplement à cet endroit.

Samedi 25 février

Un autre accouplement a été observé le lendemain à peu près à la même heure par Robert Lussier, voir la photo ci-dessous (merci à lui pour l'autorisation de la publier ici). Cette photo est également visible dans son album Facebook.

Accouplement du 25 février (crédit: Robert Lussier)

De ce que je comprends, le matériau noir sur lequel la femelle est juchée a pour but de décourager les faucons de se poser là ;-)

Mardi 28 février

Après avoir échoué à en observer un la veille, j'ai été un peu plus chanceux ce mardi 28 février. L'accouplement a eu lieu sur le toit de l'ancien usine vers 13h45.
 


À la recherche d'un nid

À l'Échangeur

Mes observations suggèrent que les faucons n'ont pas encore renoncé à nicher à l'Échangeur.

Régulièrement, l'un ou l'autre faucon vole en direction du nid de l'année dernière, et constatant que l'accès est toujours barré, fait demi-tour.

Avec l'obstruction intervenue entre mes visites du 13 janvier et du 24 février des cavités servant de garde-manger (et qui auraient pu servir de nid de remplacement), les faucons tentent davantage de se rendre à ces endroits, peut-être parce qu'ils ont été obstrués plus récemment. Ils n'hésitent pas à s'agripper au matériau utilisé pour boucher l'entrée, comme le montre la photo suivante:

Faucon tentant d'accéder à un des anciens garde-manger

Parallèlement à ces tentatives d'accéder à d'anciens endroits, les faucons semblent explorer de nouveaux endroits. La vidéo ci-dessous illustre en partie ce comportement.


Obstruer toutes les endroits susceptibles d'être utilisés comme nid n'est pas une mince affaire. Il suffirait que l'un d'eux ait été oublié pour que les faucons nichent à nouveau sous l'Échangeur. Que se passerait-il alors? Impossible à dire. Cela dépendra certainement de l'endroit que les faucons auront choisi et des travaux planifiés à proximité.

Ailleurs

Il est probable que les faucons explorent également d'autres endroits. Les 27 et 28 février, j'avais en effet de la difficulté à observer les 2 faucons ensemble à l'Échangeur. Algo venait régulièrement faire des tentatives d'accès aux anciens endroits qu'ils utilisaient dans le passé, alors que Polly était davantage absente. Et lors d'une de mes marches, alors que j'étais à l'écluse située en aval de l'Échangeur, j'ai été survolé par un des faucons qui s'en retournait à l'Échangeur.

Ce couple de faucon pèlerin a été observé à plusieurs reprises au Parc des Rapides, situé à plus de 3kms de l'Échangeur. Si Algo et Polly décidaient de déménager,  leur nouvelle demeure pourrait donc a priori être n'importe où dans un rayon de 3kms autour de l'Échangeur! En 2015, les faucons pèlerins Éole et Eve avaient ainsi déménagé à 1.6km de l'incinérateur des Carrières où s'étaient déroulés la plupart des accouplements.


Plus que quelques semaines

Le temps est compté pour les faucons. Ces deux dernières années, les premiers relais au nid annonciateur de la présence d’œufs ont en effet été observés le 26 mars. Cela faisait alors vraisemblablement plusieurs jours que la ponte avait commencé. Certes Polly pourrait pondre plus tard cette année si le couple rencontrait des difficultés à trouver un nid, mais les prochaines semaines seront certainement cruciales. 

mardi 24 janvier 2017

Retour des faucons pèlerins à l'église St-Jean-Baptiste

Comme l'an dernier à pareille date, 2 faucons pèlerins fréquentent l'église Saint-Jean-Baptiste, située à l'intersection des rues Drolet et Rachel, à Montréal. Il s'agit probablement d'Eve et d'Éole, qui avaient été identifiés à cet endroit à l'hiver 2016 par Richard Dupuis.

Faucons pèlerins mâle et femelle à l'église St-Jean-Baptiste, 22/01/2017


Les faucons pèlerins de l'église St-Jean-Baptiste, 23/01/2017

 

Observations passées

D'après un message publié sur la liste d'envoi ornithologique ornitho-qc le 1er avril 2016, la présence de 2 faucons pèlerins à cette église avait été signalée à l'UQROP à l'hiver 2016. L'UQROP avait transmis l'information à Richard Dupuis qui a identifié les faucons comme étant le couple qui avait niché à l'église St-Marc en 2015, c'est-à-dire Eve (la femelle) et Éole (le mâle, né à l'Université de Montréal en 2011). D'après eBird, Richard Dupuis y a observé les faucons les 16, 17, 23 et 29 février, ainsi que le 3 mars, en matinée ou en début d'après-midi.

Après l'annonce par Richard Dupuis de ce nouveau site, j'ai observé à mon tour la présence d'un faucon pèlerin en fin de journée, qui suggérait que l'église était utilisée comme dortoir. Le 5 avril en fin de journée j'ai pu y voir 2 faucons pèlerins mais je n'ai pas réussi à voir si l'un d'eux était bagué (si c'était Éole, sa visite aurait suivi d'environ 1 heure la ponte du 3ième œuf par Spirit, sa femelle de l'Université de Montréal).
La fin de l'utilisation de l'église St-Jean-Baptiste comme dortoir semble avoir coïncidé avec le début de la nidification à l'Incinérateur des Carrières (faucon présent le 4 mai mais pas les 5 et 6 mai), ce qui appuie l'hypothèse que le faucon était Eve.

J'ai ensuite revu un faucon à cet endroit le 17 septembre par une fin d'après-midi pluvieuse, puis le 30 septembre, ainsi que les 1, 2, 5 et 9 octobre. En revanche aucun faucon n'était visible les 13, 19 et 23 octobre: ce qui suggérait que le faucon est allé dormir ailleurs. Ma dernière visite le 8 décembre ne m'a pas permis non plus de voir de faucon.

Le faucon pèlerin mâle de cet hiver est-il Éole?

Pour répondre à cette question hors de tout doute, il faut être capable de lire l'inscription sur sa bague de la patte gauche. En effet, en 2015 Eve a fréquenté pendant quelques jours un autre faucon pèlerin né à l'Université de Montréal, David. Or les inscriptions sur les bagues de ces 2 faucons sont pratiquement identiques: E89 et E83. Le défi est donc de distinguer à distance un 3 d'un 9 sur la patte d'un faucon qui le plus souvent n'est pas coopératif!

L'identification formelle du faucon pèlerin mâle reste donc à faire. Avis à ceux/celles qui possèdent un bon appareil photo et une dose de patience!

Mâle bagué à l'église St-Jean-Baptiste, 22/01/2017

Depuis l'automne dernier, Éole est régulièrement vu à l'Université de Montréal. Voici une photo d'une de ses dernières visites là-bas le 20 janvier à midi 33.
Éole à l'Université de Montréal, 20 janvier 2017 (crédit: Eve Belisle, http://www.ornithologie.ca/faucons/)


Détails des observations

La plupart de mes observations des 2 faucons ont été faites proche du coucher du soleil, mais lors de mon unique visite matinale le mâle est venu visiter la femelle à l'aube, avant le lever du soleil. En journée il m'est arrivé à quelques reprises de voir la femelle seule mais à une reprise j'ai vu arriver les 2 faucons ensemble un peu avant 15h.

Concernant les directions de déplacement, la femelle est partie plusieurs fois dans la direction du Parc Lafontaine lorsque je la voyais de jour. Le mâle se déplaçait le plus souvent vers le sud.


Observations du 15 janvier

Tout a commencé par une visite de routine en matinée, lors de laquelle j'ai eu la surprise de voir un faucon pèlerin non bagué sur l'église.


Elle a quitté peu avant midi en direction du parc Lafontaine. Après son départ,  j'ai compté pas moins de 5 restants de proie au sol (comme il y avait eu un important redoux quelques jours avant, certains restants de proie pouvaient dater de plusieurs semaines et avoir été conservé par la neige avant que celle-ci fonde).

Restant de proie, 15/01/2017

Un autre restant de proie, 15/01/2017

À mon retour à 16h20 la femelle était de nouveau présente. Le mâle est arrivé 3 minutes plus tard. La femelle a semblé le snober en rejoignant son perchoir de nuit bien avant le coucher du soleil.

Observations du 16 janvier

Le mâle est arrivé le premier à 16h30 et a appelé la femelle par de puissants tsioups. Celle-ci est arrivée à 16h39 de la direction du Parc Lafontaine et a immédiatement rejoint son perchoir de nuit. Le mâle était toujours à la base du toit à 17h10, soit plus de 30 minutes après le coucher du soleil.

Observations du 17 janvier

À mon arrivée à 16h14 un faucon mangeait à la base du toit. À 16h22 il rejoint un 2ième faucon dans la partie gauche de l'église. Le mâle a quitté au coucher du soleil alors que la femelle se plaçait pour la nuit.

Observations du 18 janvier

Ressemble beaucoup à la veille mais le mâle est resté un peu plus longtemps, jusqu'à 16h55.

Observations du 20 janvier

Mon unique observation matinale. À 7h05 la femelle est perchée sur la façade de l'église, du côté droit. À 7h15 le mâle arrive en criant. Les 2 faucons quittent à 7h36 en direction approximativement de l'Incinérateur des Carrières. Une visite à cet endroit à 8h20 ne donne rien, mais un peu plus loin, depuis le métro Rosemont, j'observe pendant 1 heure, de 8h45 à  9h45, un faucon pèlerin perché sur le toit d'un immeuble de la rue de Gaspé.

Observations du 21 janvier

Une courte visite à partir de 11h me permet de constater que la femelle est présente à l'église St-Jean-Baptiste.

À 16h08 les 2 faucons sont présents, un sur la façade, l'autre sur une des croix. Le mâle a quitté vers 16h15.

Observations du 22 janvier

Aucun faucon n'est présent lors de mon passage à 10h45.

À 16h15 les 2 faucons sont perchés côte-à-côte du coté gauche de l'église (voir photo en début d'article). Le mâle a quitté à 16h54.

Les faucons pèlerins de l'église St-Jean-Baptiste, 22/01/2017

Observations du 23 janvier

J'ai précédé de quelques minutes l'arrivée des 2 faucons à 14h51. Un seul des 2 faucons s'est posé sur l'église dans un premier temps. Un faucon a mangé sous le toit entre 14h51 et 15h, puis le mâle a plumé une proie sur une corniche de l'église entre 15h et 15h20 sous les yeux de la femelle mais celle-ci n'a pas cherché à manger. Peu avant 16h un faucon - possiblement le mâle - a attrapé un pigeon à la hauteur de la rue St-Denis. Il a promené le pigeon pendant plusieurs minutes dans toutes les directions, poursuivi en partie par l'autre faucon. Finalement un des faucons a ramené la proie à la base du toit et s'est mis à manger. L'autre faucon a disparu. Je n'exclus pas la possibilité que c'est le mâle qui a attrapé la proie et qu'il y a eu transfert de la proie à la femelle en vol pendant une des nombreuses occasions où je les ai perdus de vue derrière des immeubles. Voir la vidéo au début de l'article pour quelques séquences filmées durant cette observation.